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Sondage 11.04.2018

Les Françaises et le harcèlement dans les lieux publics

Paris, le 10 avril 2018. Sifflements salaces, insultes sexistes, pelotages intempestifs et autres formes d’agressions sexuelles affectent-elles un nombre élevé de femmes dans l’espace public ? À l’occasion de la semaine internationale de lutte contre le harcèlement de rue (8–14 avril 2018), le département « Genre, sexualités et santé sexuelle » de l’Ifop publie une étude tentant de mieux appréhender un phénomène dont l’importance croissante dans le débat public a sans doute accéléré la décision récente de créer une nouvelle infraction « d’outrage sexiste ».

Mené auprès d’un échantillon national représentatif de taille conséquente (2 000 femmes âgées de 15 ans et plus), ce nouveau volet de l’Observatoire Ifop-VieHealthy.com du harcèlement sexuel tente de mesurer à la fois le niveau et les différentes formes de harcèlement sexuel que les Françaises subissent au quotidien dans l’espace public et plus particulièrement dans les lieux où elles sont le plus répandues : la rue et les transports en commun.

Confirmant les tendances déjà observées dans les deux dernières grandes enquêtes réalisées en France sur les violences faites aux femmes (l’ENVEFF en 2000, l’enquête Virage en 2015), cette étude met en lumière l’ampleur et le caractère multiforme des atteintes sexuelles subies par les femmes dans ces espaces publics tout en apportant des informations précieuses sur le profil des victimes de cette forme très « genrée » d’insécurité.


LES CHIFFRES CLÉS DE L’ENQUÊTE

Au cours de leur vie, huit Françaises sur dix (81%) ont déjà été confrontées à au moins une forme d’atteinte ou d’agression sexuelle dans la rue ou les transports en commun. Et pour nombre d’entre elles, il ne s’agit pas d’une expérience lointaine qui remontrait à des années : une femme sur quatre (26%) y a été confrontée au cours des douze derniers mois.

Dans la rue comme dans les transports, les formes verbales ou visuelles de harcèlement sont les atteintes les plus répandues, au premier rang desquelles les sifflements (68%) et les regards insistants (68%). Ces comportements sont aussi ceux qui affectent le plus régulièrement les Françaises si l’on en juge par le taux de victimes annuelles de sifflements (15%) et de regards insistants (20%).

Ayant un aspect offensant beaucoup plus explicite que les regards insistants ou les sifflements - qui peuvent toujours être perçus comme des techniques d’approche déplacées -, les gestes grossiers à connotation sexuelle (32%) et les remarques sexistes (34%) semblent, eux, un moins peu répandus dans ces espaces publics.

Ce n'est pas le cas des situations de pressions ou de menaces psychologiques que peuvent constituer le fait d’être suivie sur une partie de son trajet (44%) ou d’être abordée avec insistance malgré une absence claire de consentement (45%). Symptomatique du « harcèlement de rue », les approches verbales insistantes affectent ainsi une femme sur dix chaque année (10%).

Mais le harcèlement dans les lieux publics est malheureusement loin de se réduire à des pressions verbales, visuelles ou psychologiques. Au total, 41% des Françaises ont déjà fait l’objet d’un contact sexuel imposé (frottage, pelotage, pénétration) dans un lieu public, sachant que leur proportion est tirée vers le haut par le nombre de victimes dans les transports (38 %, contre 21% dans la rue).

Ce chiffre global d’agressions sexuelles masque en effet de fortes différences entre les deux types d’espaces publics. Du fait de la promiscuité qu’impose notamment leur fréquentation à des heures de pointes, les transports apparaissent comme un terrain de jeu plus favorable aux frotteurs (30%, contre 13% dans la rue), aux attouchements sexuels (26%, contre 15%) et aux viols (7%, contre 4%).

Toutes les femmes ne sont pas exposées au même risque de harcèlement dans les lieux publics. L’analyse détaillée du profil des victimes met en évidence des facteurs déjà observés dans les enquêtes précédentes (ENVEFF) comme le fait d’être jeune, de vivre seule ou encore d’affirmer une part d’homosexualité (bi, lesbiennes).

Mais d’autres facteurs de risque ressortent, en particulier le fait de résider dans une grande agglomération – notamment dans des quartiers défavorisés –, d’avoir un niveau de vie faible ou d’appartenir à une minorité religieuse liée à l’immigration : le taux de victimes d’atteintes ou d’agressions sexuelles étant par exemple systématiquement plus élevée chez les musulmanes.

Echantillon de 2008 femmes, représentatif de la population féminine résidant en France métropolitaine âgée de 15 ans et plus..

La représentativité de l'échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, catégorie socio-professionnelle) après stratification par région et catégorie d'agglomération. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI - Computer Assisted Web Interviewing) du 26 au 29 janvier 2018.

AVEC:  VIEHEALTHY.COM

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