Le tableau de bord politique – Juin 2006


Sondage Ifop - Paris Match 8 juin 2006

Les principaux enseignements du Tableau de bord politique Paris-Match 

Très léger recul de l’approbation de Jacques Chirac

Après la forte baisse enregistrée entre janvier et avril (-15 points), et la remontée observée en mai (+4 points), l’approbation de l’action de Jacques Chirac comme Président de la République est pratiquement stable ce mois-ci : 32% des Français approuvent son action (-1 point), tandis que 68% la désapprouvent (+1 point). Proche du niveau observé après l’effondrement post-référendaire (35% en juillet 2005), la popularité de Jacques Chirac ne semble donc nullement portée par une dynamique positive. La structure sociodémographique des soutiens du Président de la République n’évolue guère non plus. En effet, il bénéficie ce mois-ci à nouveau d’opinions plus favorables que la moyenne auprès des deux extrémités de la pyramide des âges (39% d’approbation parmi les personnes âgées de 18 à 24 ans et 40% parmi celles âgées de 65 ans et plus) tandis qu’il est davantage soutenu par les personnes non diplômées (43%) et les indépendants sans salariés et les employeurs (40%). En revanche, la structure politique de l’approbation du Président continue d’évoluer. Ainsi, les sympathisants de gauche sont à nouveau plus nombreux à le soutenir (22%, +2 points), alors que les sympathisants de droite sont encore moins nombreux que le mois dernier à approuver son action, le Président devenant minoritaire au sein de l’électorat de l’UMP (46%, -10 points).  

Ce léger reflux de l’approbation de l’action de Jacques Chirac s’accompagne de quelques évolutions positives des dimensions de son image. Dans le domaine international, le Président de la République continue de bénéficier d’une majorité d’opinions favorables : 73% (+4 points) des Français considèrent qu’il défend bien les intérêts de la France à l’étranger et 58% (-1 point) qu’il mène une bonne politique européenne.

Sur la scène politique intérieure, son image évolue positivement. Ainsi, 35% des personnes interrogées (stable) estime qu’il mène une bonne politique sociale et 36% (+3 points) qu’il est sensible aux aspirations des Français. Concernant ce dernier trait d’image, la hausse est particulièrement forte parmi les personnes âgées de 50 à 64 ans (40%, +7 points), les ouvriers (36%, +8 points) et les professions libérales et cadres supérieurs (27%, +10 points). Il semble ainsi que l’image du Président continue de bénéficier de la sortie de crise du CPE et de la pacification du climat social
 
L’approbation de Dominique de Villepin recule à nouveau 

Dominique de Villepin perd en juin le bénéfice de la timide remontée enregistrée en mai : en effet, avec 30% d’approbation, le Premier ministre perd 3 points et retrouve presque l’étiage atteint en avril (29%). 70% des Français désapprouvent son action, soit une hausse de 3 points. Touché à de multiples égards par l’affaire Clearstream, le Premier ministre ne parvient donc pas à maintenir son ascension et à regagner le terrain perdu lors de la crise du CPE. C’est parmi les plus jeunes (classes d’âge qui s’étaient le plus détachées du Premier ministre lors de la crise du CPE) que la baisse de son approbation est la plus sensible : 22% des personnes âgées de moins de 35 ans approuvent son action, soit 7 points de moins qu’en mai. La structure politique des soutiens de Dominique de Villepin évolue très sensiblement. Le Premier ministre baisse en effet de 30 points parmi les proches de l’UDF (32% d’approbation) alors qu’il se stabilise auprès des sympathisants UMP (58% contre 57% en mai) et qu’il progresse légèrement à gauche (18%, +2 points). Le vote par François Bayrou et une partie des députés UDF de la motion de censure du gouvernement de Dominique de Villepin semble avoir eu un impact majeur au sein de l’électorat du parti centriste.

Les traits d’image du Premier ministre évoluent très peu. 41% (-1 point) des personnes interrogées considèrent que Dominique de Villepin dirige bien l’action de son gouvernement et 40% (+1 point) qu’il mène des réformes utiles pour le pays. C’est toujours sur les questions économiques et sociales que le Premier ministre recueille les opinions les moins positives : 37% des Français (stable) considèrent qu’il mène une bonne politique dans ce domaine. Une proportion presque équivalente (39%, +2 points) estime que Dominique de Villepin est un homme de dialogue. S’il reste loin des scores qu’il obtenait avant la crise du CPE, le Premier ministre semble reconstituer peu à peu (il avait gagné 9 points en mai) le capital de confiance des Français dans sa capacité à dialoguer. Notons que la chute importante de popularité de Dominique de Villepin parmi les proches de l’UDF se traduit par une dégradation sensible de tous ses traits d’image auprès de cette partie de l’électorat : les sympathisants du parti centriste ne sont ainsi que 36% (-28 points) à apprécier le leadership du Premier ministre sur son gouvernement et 49% à estimer qu’il mène une bonne politique économique et sociale (-19 points).

La crédibilité de l’opposition régresse mais le souhait de victoire est favorable à la gauche

La crédibilité de l’opposition perd 3 points depuis le mois dernier. 37% des Français estiment que ses représentants feraient mieux que le gouvernement s’ils étaient aux responsabilités. Une large majorité de personnes interrogées continue à exprimer un avis contraire (63%, +4 points). Mois après mois, malgré la baisse de la popularité de l’exécutif, l’opposition ne parvient pas à gagner en crédibilité.

Malgré le manque de crédibilité de l’opposition dans l’opinion, une majorité de Français (53%, +4 points) souhaite la victoire de la gauche contre 42% qui préfèrent celle de la droite. Les souhaits de victoire en faveur de la gauche rejoignent ainsi presque le niveau atteint en avril (54%), en pleine crise du CPE.

Les thèmes à aborder en priorité : prime au chômage, progression de la thématique sécuritaire

Le chômage continue de figurer largement en tête des thèmes à aborder en priorité lors de la campagne pour l’élection présidentielle (34% de citations, soit -2 points par rapport à mai). La protection sociale vient ensuite (15%), talonnée par la sécurité (14%). La thématique sécuritaire semble gagner en importance mois après mois (+2 points par rapport à mai et +6 points par rapport à avril) et progresse ce mois-ci plus fortement parmi les proches de la gauche (+6 points au sein des sympathisants du PS).

Le classement des personnalités

Le classement des personnalités reste dominé par Bernard Kouchner (70% d’opinions positives, -1 point) et Ségolène Royal (67%, -1 point). Bertrand Delanoë (63%, +1 point) est évincé du trio de tête au profit de Jean-Louis Borloo qui continue une ascension commencée il y a plusieurs mois. Avec 63% d’opinions positives, il enregistre une hausse de 5 points et confirme son statut de personnalité de droite la plus populaire.  
Le Président de l’UMP reste en sixième position et progresse légèrement (60%, +3 points), suivi de près par Michèle Alliot-Marie qui conserve également sa septième place (59%, +3 points). Jacques Chirac et Dominique de Villepin demeurent loin derrière, avec respectivement 43% et 40% d’opinions favorables. Remarquons la progression de Thierry Breton dont 41% des Français désormais ont une bonne opinion (+6 points). 
A gauche, on note la forte progression de José Bové qui gagne 6 points à 56% d’opinions positives et atteint ainsi la dixième place du classement. De nombreuses personnalités socialistes enregistrent de légers gains de popularité : Lionel Jospin progresse ainsi 3 points à 52%, de même que Dominique Strauss-Kahn (51%) ; François Hollande gagne 4 points et obtient 49% d’opinions favorables. 
En fin de classement, Marine Le Pen (26%, stable) et Jean-Marie Le Pen (24%, -1) confirment leurs bons scores de popularité enregistrés le mois dernier. 

Les duels

Nicolas Sarkozy est battu de peu ce mois-ci par Ségolène Royal. Avec 51% de soutiens, la candidate à l’investiture socialiste l’emporte de justesse face à son rival qui recueille pour sa part 48% d’opinions favorables, inversant ainsi le rapport de force de mai dernier. L’inclination des plus jeunes en faveur de Ségolène Royal se renforce encore ce mois-ci, 68% contre 62% en mai la préférant au Président de l’UMP. Elle devance également très nettement son adversaire auprès des diplômés du supérieur (66% contre 28%) et des profession libérales, cadres supérieurs (61% contre 38), alors que Nicolas Sarkozy séduit pour sa part les plus âgés (64% contre 36% pour la Présidente du Conseil régional Poitou-Charentes). Notons par ailleurs que les soutiens de leur camp politique respectif ne faiblissent pas (84% pour Ségolène Royal au sein des sympathisants du Parti socialiste, 89% pour Nicolas Sarkozy auprès des proches de l’UMP). 

Opposée à José Bové, Nicolas Sarkozy l’emporte avec 58% des soutiens contre 42% pour son adversaire. Le candidat potentiel de la « gauche de la gauche » obtient ses scores les plus élevés et devance le ministre de l’Intérieur auprès des jeunes (52% des moins de 35 ans le préfèrent ainsi à Nicolas Sarkozy), des ouvriers (51% contre 48% pour Nicolas Sarkozy) et des plus diplômés (53% contre 41% pour le Président de l’UMP). Nicolas Sarkozy capitalise davantage parmi les proches de la droite (86% de soutiens) que José Bové ne le fait au sein de l’électorat de gauche (64%).  

Enfin, une large majorité de Français préfère Ségolène Royal à François Bayrou (66% contre 30%), ce dernier s’imposant même de justesse parmi les sympathisants de l’UDF (52% contre 44% pour son adversaire) alors que 86% des sympathisants du PS préfèrent la candidate à l’investiture socialiste.

Les conversations des Français

Au cours de la semaine passée, les Français ont été particulièrement sensibles au tremblement de terre en Indonésie : 70% en ont parlé avec leurs proches. 69% ont par ailleurs évoqué la tragique disparition en mer d’Edouard Michelin.  
Au chapitre économique, la hausse des prix du carburant mobilise toujours fortement l’attention des Français, dans des proportions toutefois sensiblement moins importantes que le mois dernier (73% contre 88% en mai). 
Six mois tout juste après la crise des banlieues, les incidents survenus à Montfermeil ont suscité l’intérêt d’une large partie de l’Opinion (66%).  
En matière de politique intérieure, les Français ont évoqué à un niveau égal dans leurs conversations l’amnistie présidentielle accordée à Guy Drut (47%) et l’affaire Clearstream qui bénéficie néanmoins d’un intérêt accru de la part des Français (47% soit +7 points par rapport à mai), désormais tout aussi important que l’attention portée au cours de la dernière semaine à la baisse du chômage (46%), une donnée qui confirme la difficulté pour le gouvernement à rendre audibles ses annonces en matière d’emploi. 
41% ont par ailleurs parlé de la préparation de l’élection présidentielle de 2007, soit un score stable sur les deux derniers mois, la multiplication des candidatures au Parti socialiste se situant plus en retrait avec à peine plus d’un tiers des Français qui en ont parlé (35% voire 38% parmi les sympathisants socialistes). 
Enfin, les événements sportifs suscitent toujours autant d’engouement de la part des Français : 63% ont parlé de la coupe du monde de football qui débutera dans quelques jours, dans une moindre mesure, 47% des internationaux de tennis de Roland Garros.

La question de l’actu.

La récente décision du Président de la République d’amnistier Guy Drut condamné en 2005 dans le cadre de l’affaire des marchés publics d’Ile-de-France est rejetée par une large majorité de Français. 72% estiment en effet que Jacques Chirac a eu tort alors que seuls 22% trouvent cette décision légitime. Le désaveu majoritaire à l’égard de la position du chef de l’Etat s’étend à l’ensemble des catégories de personnes interrogées, y compris au sein des proches de l’UMP (dont 71% désapprouvent cette décision contre seulement 24% qui la soutiennent).

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Fiche technique.

Echantillon de 1005personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de famille, niveau d’éducation) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par téléphone au domicile des personnes interrogées. Du 1er au 2 juin 2006.

La notice de cette enquête est consultable à la Commission des Sondages.

 
Contact :
Frédéric DABI
Département d'Opinion Publique
Tél : 33 (0)1 45 84 14 44
Fax: 33 (0)1 45 85 59 39
Ce document présente les résultats d'une étude réalisée par l'Ifop. Elle respecte fidèlement les principes scientifiques et déontologiques de l'enquête par sondage. Les enseignements qu'elle indique reflètent un état de l'opinion à l'instant de sa réalisation et non pas une prédiction.

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