Les Français et l'environnement




Sondage Ifop - ACTEURS PUBLICS 26 octobre 2006



Plus de neuf Français sur dix se déclarent assez voire très préoccupés par la protection de l'environnement, un domaine d'action principalement incarné par Ségolène Royal et Dominique Voynet. Face à cet enjeu, les Français préconisent le développement de l'utilisation des énergies renouvelables et l'introduction de l'éducation à l'environnement dans les programmes scolaires.

Un très haut niveau de préoccupation en matière de protection de l’environnement, un enjeu incarné par Dominique Voynet et Ségolène Royal.

La polarisation des débats de la pré-campagne présidentielle sur le triptyque « emploi, pouvoir d’achat et sécurité » ne résume pas pour autant l’exhaustivité des enjeux que les Français souhaitent voir abordés dans la perspective des échéances électorales du printemps 2007. Il en va ainsi de la question de l’environnement. Réchauffement climatique, crise de l’approvisionnement en pétrole avec ses conséquences sur le pouvoir d’achat, débats sur la circulation automobile dans les grandes villes, sur les OGM, le nucléaire ou encore sur les énergies renouvelables… l’enjeu environnemental, de par les dimensions protéiformes qu’il revêt, s’avère plus que jamais au cœur des préoccupations des Français, et peut-être davantage que lors de la dernière campagne présidentielle.

La dernière enquête Ifop / Acteurs Publics révèle en effet que plus de neuf personnes interrogées sur dix (91%) se disent préoccupées par la protection de l’environnement ; parmi elles, 46% se déclarent même très préoccupées. Au regard de ce résultat massif, on ne dénote pas de variations notables au sein des catégories socio-démographiques et des familles politiques. Tout juste peut-on relever des degrés de préoccupation dont l’intensité apparaît particulièrement élevée chez les femmes (48% se déclarent très préoccupées alors que les hommes ne sont que 44% à exprimer ce sentiment), les professions libérales et les cadres supérieurs (54% de très préoccupés), les habitants de l’agglomération parisienne (52%) – segment de population plus touché que la moyenne hexagonale par la pollution urbaine. Sans surprise, on observe enfin le niveau de préoccupation le plus élevé parmi les sympathisants des Verts (96% dont 60% se disant très préoccupés), famille politique dont la défense de l’écologie est au cœur de l’identité.

Dans ce contexte teinté d’inquiétude de l’opinion à l’égard de l’enjeu environnemental, les interviewés manifestent principalement leur confiance à deux candidates à la prochaine élection présidentielle, l’une certaine, l’autre probable.

Avec 25% de citations pour chacune d’entre elles, Dominique Voynet et Ségolène Royal bénéficient en effet des seuils de confiance les plus élevés pour prendre efficacement en charge les problèmes liés à l’environnement.

Ces deux personnalités de l’ex gauche plurielle, anciennes Ministres de l’environnement sous les gouvernements Jospin et Bérégovoy devancent Nicolas Sarkozy (19%). François Bayrou et Olivier Besancenot recueillent 9% de mentions, les autres candidats proposés aux personnes interrogées ne parviennent pas à franchir la barre des 5%.

Cette hiérarchie appelle deux réflexions : en premier lieu, en dépit de ses efforts visant notamment à intégrer les questions environnementales dans son offre programmatique, la droite demeure distancée par la gauche sur cet enjeu. Nicolas Sarkozy arrive toutefois en tête chez les sympathisants de droite (35% contre 20% en faveur de Ségolène Royal et 12% pour Dominique Voynet) et parmi les personnes âgées de plus de 65 ans (31%).

En second lieu, le score réalisé par la candidate des Verts constitue à bien des égards un encouragement et vient bousculer la domination « Ségolène Royal – Nicolas Sarkozy » observée pour d’autres enjeux testés dans des enquêtes précédentes, ce qui confirme la place hors norme de la thématique écologique.

Ainsi, alors que l’ensemble des formations évoluant dans le champ politique ont depuis des années intégré la défense de l’environnement dans leur réflexion voire dans leurs programmes, les Verts demeurent étroitement associés dans l’opinion à l’enjeu de l’écologie et apparaissent, en dépit de leurs divisions internes ou de leur faible visibilité (provisoire) dans le débat pré-électoral, légitimes à prendre en charge les problèmes liés à l’écologie. En attestent les niveaux de confiance conséquents obtenus par Dominique Voynet chez les jeunes âgés de 25 à 34 ans (37%), dans l’agglomération parisienne (29%), parmi les cadres (32%) et les professions intermédiaires (39%), autant de segments de populations auprès desquels Noël Mamère avait réalisé ses scores les plus élevés le 21 avril 2002.

Néanmoins, force est de constater à l’examen des résultats par familles politiques que Dominique Voynet ne parvient pas complètement à préempter cet enjeu. L’ancienne Ministre de l’environnement de Lionel Jospin est devancé chez les sympathisants de gauche par Ségolène Royal (36% contre 31%) et ne rassemble qu’un sympathisant des Verts sur trois. Les interviewés proches de cette formation accordent en effet à un degré non négligeable leur confiance à Ségolène Royal (27%) mais également à Olivier Besancenot (16%).

Energies renouvelables et pédagogie, ferments de la lutte contre la détérioration de l’environnement.

Invités à indiquer la mesure perçue comme la plus efficace pour lutter contre la dégradation de l’environnement, les Français expriment des attentes éclatées, tout se passant comme si ces derniers ne croyaient pas en « une solution miracle » en la matière. Néanmoins, avec 32% de citations, le développement de l’utilisation des énergies renouvelables se détache nettement comme la principale demande des personnes interrogées. Cette attente exacerbée par le contexte d’augmentation du prix du pétrole et de hausse du prix de l’énergie a véritablement gagné en importance au cours de la dernière période, sans doute du fait des effets positifs anticipés de la recherche des énergies alternatives sur le pouvoir d’achat. Les récentes annonces gouvernementales sur les biocarburants ont également sans doute influé sur les vœux des Français.

Un sondage Ifop réalisé du 29 au 30 juin dernier montrait d’ailleurs que les deux premières mesures environnementales devant idéalement être mises en œuvre par le futur chef de l’Etat relevaient justement du développement des énergies renouvelables*.

Emerge ensuite une attente de pédagogie exprimée par 22% des interviewés appellant de leurs vœux l’introduction de cours d’éducation à l’environnement dans les programmes scolaires. Viennent ensuite deux mesures plus classiques de lutte contre la détérioration de l’environnement, citées par un Français sur cinq : le développement des transports ferroviaires, maritimes et fluviaux, alternatifs au transport routier et l’instauration d’un délit général de pollution. Enfin, la solution uniquement quantitative consistant à renforcer le budget du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable ne rencontre l’adhésion que de 6% des personnes interrogées.

Dans le détail des réponses, on observe que les attentes des Français sont fortement indexées sur un clivage générationnel. En effet, les personnes âgées de moins de 35 ans préconisent davantage que la moyenne le recours aux énergies renouvelables (45%) et jugent moins efficace le développement des transports alternatifs (10%) et l’instauration du délit général de pollution (13%), des solutions que leurs aînés sont plus nombreux à plébisciter.

Du point du vue politique, on note à l’inverse l’absence de différences notables entre la gauche et la droite. Seule la mesure pédagogique visant à introduire l’éducation à l’environnement dans les programmes scolaires fait l’objet d’attentes plus fortes parmi les sympathisants de la majorité (27% à l’UMP et 30% à l’UDF contre 18% chez les proches du PS).

* Sondage Ifop / Sélection du Reader’s Digest : 33% citent l’autorisation des carburants verts, 31% le développement des énergies renouvelables.


Consulter les résultats de l'étude

 

Fiche technique

 

Echantillon de 1007 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par téléphone au domicile des personnes interrogées. Terrain du 5 au 6 octobre 2006.

 

 

 

 

 

 
Contact :
Frédéric DABI : Directeur du Département Opinion Publique
Yves-Marie CANN : Chargé d'études sénior au Département Opinion Publique
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Ce document présente les résultats d'une étude réalisée par l'Ifop. Elle respecte fidèlement les principes scientifiques et déontologiques de l'enquête par sondage. Les enseignements qu'elle indique reflètent un état de l'opinion à l'instant de sa réalisation et non pas une prédiction.

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