Les femmes et l'ostéoporose


Sondage Ifop - Novartis - Ruder Finn 3 avril 2008

Principaux enseignements

A l’occasion du Congrès annuel du MEDEC, Novartis a demandé à l’Ifop de réaliser une étude sur la perception de l’ostéoporose par les femmes en France.

Compte-tenu de la corrélation évidente entre cette maladie et l’âge des patientes, mais aussi de l’importance des liens générationnels entre les mères et leurs filles dans la prévention et la gestion de la situation en cas de risque déclaré, deux échantillons ont été interrogés : d’une part des femmes ménopausées 60 ans et plus, d’autre part « leurs filles », des femmes de 35 à 50 ans.

Pour l’essentiel, il ressort de cette étude que les femmes de 35 à 50 ans sont davantage inquiètes (49%) pour leur mère que les femmes de 60 ans et plus ne le sont pour elles-mêmes (38%). Ces femmes senior connaissent visiblement assez bien l’ostéoporose, la majorité d’entre elles en a déjà discuté avec son médecin (73%), même si nous pourrions estimer qu’il serait souhaitable que ce score soit bien supérieur encore. Il est surtout important de remarquer que cette « discussion » avec le médecin s’accompagne souvent d’une mesure de densité osseuse, c’est le cas de 67% des femmes qui ont parlé d’ostéoporose avec leur médecin. Ramené sur l’ensemble des femmes âgées de 60 ans et plus, 52% d’entre elles ont déjà effectué une mesure de densité osseuse. Nous nous inscrivons bien ici dans le cadre d’un diagnostic préventif dans la mesure où les femmes sont plus nombreuses à aborder le sujet avec leur médecin et à effectuer une mesure de densité osseuse qu’elles ne sont à souffrir actuellement d’ostéoporose, ce qui est le cas pour environ une sur cinq d’entre elles (21%).

Finalement, 38% de ces femmes de 60 ans et plus sont inquiètes à l’idée d’une chute pouvant occasionner une fracture de type col du fémur. Une préoccupation qui progresse linéairement avec l’âge pour passer de 30% auprès des femmes de 60-65 ans à 52% auprès des femmes de 80 ans et plus. Cette inquiétude est sans doute moins lié à une méconnaissance de l’ostéoporose qu’à une difficulté à gérer la situation en cas de risque déclaré. En effet, auprès des femmes qui ne pourraient faire face à la situation sans faire appel à une aide extérieure, cette inquiétude passe de 38% à 49%.

En cas de fracture effective, l’anticipation de la gestion est assez diverse, 3 groupes de dessinent : un tiers (30%) des femmes senior n’a tout simplement pas réfléchi à l’avance à cette situation ; un autre tiers (35%) estime qu’elle seule (8%) ou avec l’aide de leur famille (27%) pourront faire face sans aide extérieure ; un dernier tiers (34%) a conscience qu’une aide extérieure sera nécessaire. Cette nécessité d’une aide extérieure est significativement supérieure auprès des femmes inquiètes (44%), ce qui illustre bien que cette dépendance potentielle est anxiogène.

Le parallèle avec l’échantillon des « filles » est intéressant sur cet aspect. Il apparaît immédiatement qu’elles anticipent davantage cette situation potentielle en étant deux fois moins nombreuses (15% vs 30%) à déclarer ne pas y avoir réfléchi. Pour le reste, elles sont plutôt confiantes dans les solutions familiales (41%) mais estiment toutefois pour 42% d’entre elles qu’il faudra faire appel à une aide extérieure. Signe de cette anticipation, une « fille » (femmes de 35 à 50 ans) sur deux a déjà parlé d’ostéoporose avec sa mère, et surtout 62% d’entre elles auprès de celles qui se sentent bien informée sur l’ostéoporose, ce qui révèle que l’information et la pédagogie sur le sujet génère des résultats dans les échanges intergénérationnels sur le sujet. Ces filles inquiètes pour leur mère (49%) le sont également d’autant plus (à hauteur de 57%) qu’elles pensent qu’elles ne pourraient pas gérer seules la situation. Se projetant dans cette situation, ces femmes de 35 à 50 ans sont même déjà plus inquiètes pour elle-même plus tard (46%) que leur mère (38%). Sans doute la volonté d’éviter de causer à leur propre fille les problèmes qu’elles pourraient avoir à gérer en cas de chute de leur mère.

Avec 60% des filles ayant le sentiment d’être bien informée sur l’ostéoporose et 73% des mères en ayant déjà parlé à leur médecin, les femmes semblent déjà assez bien sensibilisées à cette maladie. Toutefois, au delà de l’aspect préventif, c’est sans doute la gestion de l’accident qui présente un caractère anxiogène, notamment pour les filles.

Ceci s’explique également par le contexte socioculturel contemporain dans lequel la canicule de 2003 a fait prendre conscience aux générations les plus jeunes de leurs responsabilités, notamment familiales, vis-à-vis de seniors vulnérables, et qui, parallèlement et paradoxalement, vante auprès des seniors une jeunesse éternelle, ou au moins une vieillesse aux effets sans cesse retardés, poussant les seniors au déni psychologique de la dégénérescence de l’âge telle que l’ostéoporose peut en renvoyer l’image.


Consulter les résultats de l'étude (fichier pdf)

Fiche technique

Echantillon 596 femmes âgées de 60 ans et plus et de 555 femmes âgées de 35 à 50 ans (dont la mère est âgée de 60 ans et plus ou dont la mère est décédée). La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par téléphone au domicile des personnes interrogées. Du 14 au 29 février 2008.

 
Contacts :
Perrine LE CALVE : Directeur du Département Healthcare
Laura CALAO : Chargée d'études
Tél : 33 (0)1 45 84 14 44
Fax: 33 (0)1 45 85 59 39
Ce document présente les résultats d'une étude réalisée par l'Ifop. Elle respecte fidèlement les principes scientifiques et déontologiques de l'enquête par sondage. Les enseignements qu'elle indique reflètent un état de l'opinion à l'instant de sa réalisation et non pas une prédiction.

Aucune publication totale ou partielle ne peut être faite sans l'accord exprès de l'Ifop.