Les priorités des Français pour 2006


Sondage Ifop - Acteurs publics 3 janvier 2006

Fiche technique

Echantillon de 959 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de famille) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par téléphone au domicile des personnes interrogées. Du 8 au 9 décembre 2005.

Principaux enseignements

La baisse du chômage: priorités des priorités pour 2006.

La fin d’année est traditionnellement une période propice pour recueillir de manière prospective les attentes et priorités d’actions assignées par les Français aux pouvoirs publics.

Invitées dans ce cadre à designer les enjeux prioritaires pour la France en 2006, les personnes interrogées voient plus que jamais dans  la lutte contre le chômage «la mère des batailles». En effet, la réduction du chômage apparaît à presqu’un Français sur deux (48% voire 77% en total de citations) comme la priorité pour la France en 2006.

Cet objectif devance très nettement la lutte contre l’insécurité (17% en première citation, 39% au global) malgré les récentes violences urbaines intervenues dans les banlieues.

Cette hiérarchie se manifeste de façon identique dans l’ensemble des catégories générationnelles et socioprofessionnelles avec toutefois des différences d’intensité: les catégories populaires (57% des employés, 53% des ouvriers), les personnes âgées de 35 à 49 ans (53%) et les habitants du Nord-Pas-de-Calais (64%) mentionnent davantage la réduction du chômage. Les personnes âgées de plus de 65 ans font plus souvent de la sécurité un objectif prioritaire. 

Du point de vue politique, les sympathisants de gauche mettent davantage en exergue au titre des priorités pour l’année à venir la réduction du chômage (53% contre 42% pour les proches de la droite), l’écart se creusant davantage entre les sympathisants de deux plus grandes formations politiques: 60% des proches du PS citent la baisse du chômage contre simplement 38% des sympathisants UMP.

On peut expliquer chez ces derniers la moindre priorité accordée à cet enjeu par le sentiment que le gouvernement obtient déjà sur le terrain de l’emploi de bons résultats, marqués par le septième mois consécutif de recul du chômage.

Derrière le diptyque emploi – sécurité, les autres objectifs s’avèrent beaucoup moins constitués en enjeux prioritaires et apparaissent en décalage fréquent avec leur place sur l’agenda médiatique et politique. Ainsi, le renforcement de l’égalité des chances, enjeu récemment porté par le Premier ministre après la crise des banlieues n’apparaît prioritaire qu’à 11% des interviewés (26% au total), même si cette thématique rencontre un écho spécifique chez les moins de 25 ans (42% de citations au total).

De la même manière, la diminution des déficits publics et de la dette recueille un score analogue (11% et 24% au global), en dépit des prises de parole  de Thierry Breton et plus généralement de la médiatisation gouvernementale sur l’importance de la dette française. 

Enfin, signe patent de l’affaiblissement de la construction européenne dans les préoccupations après l’échec de la ratification référendaire du traité constitutionnel, l’objectif visant à relancer cette construction de l’Europe n’apparaît que marginalement dans les priorités avec moins de 10% de citations. Les Français ne semblent  donc pas « en manque» d’Europe.      

Une volonté de rajeunissement du personnel politique.

S’agissant plus particulièrement des évolutions possibles du système politique français, les attentes des interviewés se cristallisent sur le renouvellement du personnel politique. Plus précisément, c’est avant tout un rajeunissement de la classe politique que 44% des Français appellent de leurs vœux. Relevons que cette demande est particulièrement portée par les jeunes eux-mêmes (51% chez les personnes de moins de 35 ans) mais également par les hommes (51% contre 39% pour les femmes), par les salariés du secteur privé (51%) et par les sympathisants de l’UDF.

Cette attente de rajeunissement supplante nettement deux autres évolutions susceptible d’«aérer» la représentation politique. D’une part, 20% des personnes interrogées souhaitent une meilleure représentation des femmes dans la vie politique. Il est à cet égard paradoxal de souligner que les plus concernées n’apparaissent pas en première ligne de ce combat: à peine 21% des femmes préconisent cette évolution. D’autre part et de manière encore plus marginale, la meilleure représentation des personnes issues de l’immigration n’est souhaitée que par 9% des interviewés. Tout se passe comme si la crise survenue dans les banlieues et les récentes prises de parole sur ce thème émanant du sommet de l’Etat n’avaient pas suffisamment convaincu les Français d’accorder une place plus importantes aux personnes issues de l’immigration.            

Au delà de cette demande de renouvellement, un quart des personnes interrogées appelle de ses vœux une atténuation des luttes internes dans les organisations politiques, récemment aiguisées au Parti Socialiste et à l’UMP par la préparation des échéances électorales de 2007, notamment la désignation du candidat présidentiel.

Notons toutefois que ce sont les sympathisant de l’UMP, sans doute dans la crainte d’une exacerbation de la rivalité Nicolas Sarkozy – Dominique de Villepin, qui insistent le plus (à 33%) sur cette nécessaire diminution des luttes intra partisanes.  

Une attente de protection sur le plan social

L’année 2005 a été marquée par une polarisation de l’Opinion sur les thématiques socioéconomiques, au premier rang desquelles l’emploi et le pouvoir d’achat. Dans ce cadre et en écho à l’objectif prioritaire de réduction du chômage, les Français souhaitent à hauteur de 40% de citations une meilleure protection des salariés contre le licenciement. Cette attente de protection  face à un monde du travail perçu comme de plus en plus insécure est d’ailleurs exprimée avec davantage de force par les segments de population potentiellement plus exposés aux risques de licenciement, à savoir les personnes âgées de 50 à 64 ans (48%), les ouvriers (52%) et les salariés du privé (46%).

Viennent ensuite à des niveaux moins importants d’autres avancées sociales: plus d’une personne sur cinq évoque la construction de logements sociaux ou un meilleur accès des plus défavorisés aux grandes écoles et à l’université (21%).

Plus précisément, la construction de logements sociaux dans les communes émerge comme une attente sociale majeure pour la population de l’agglomération parisienne (29%) particulièrement touchée par la crise de l’immobilier. La facilitation de l’accès des plus défavorisés aux grandes écoles et à l’université est plus vivement souhaitée par les moins de 25 ans (34%), catégorie générationnelle la plus concernée par le sujet.

Enfin, la revalorisation des minima sociaux n’apparaît comme une avancée sociale souhaitable qu’à 16% des personnes interrogées. Il semble ainsi que les Français aspirent davantage à faire bénéficier de mesures sociales les actifs plutôt que les personnes vivant des revenus de l’assistance.

Frédéric Dabi
Directeur du département d’Opinion Publique de l’Ifop.

Les objectifs prioritaires pour la France en 2006

Question:Parmi les objectifs suivants, lesquels vous semblent prioritaires pour la France en 2006 ?

En premier

Total des citations

(%)

(%)

La réduction du chômage

48

77

La lutte contre l’insécurité

17

39

Le renforcement de l’égalité des chances

11

26

La diminution des déficits publics et de la dette

11

24

La protection de l’environnement

9

26

La relance de la construction européenne

4

8

- Ne se prononcent pas  

-

-

TOTAL

100

(*)

(*) Total supérieur à 100, les interviewés ayant pu donner deux réponses

Les objectifs prioritaires pour la France en 2006

Question:Parmi les objectifs suivants, lesquels vous semblent prioritaires pour la France en 2006 ?

Ensemble

Sympathisants de gauche

Sympathisants de droite

(%)

(%)

(%)

La réduction du chômage

48

53

42

La lutte contre l’insécurité

17

10

24

Le renforcement de l’égalité des chances

11

15

8

La diminution des déficits publics et de
 la dette

11

7

15

La protection de l’environnement

9

12

6

La relance de la construction européenne

4

3

5

-Ne se prononcent pas  

-

-

-

TOTAL

100

100

100

Les souhaits en matière d’évolutions politiques

Question:Parmi les évolutions du système politique suivantes, laquelle vous semble la plus souhaitable pour 2006 ?

Ensemble

(%)

Moins de 35 ans

(%)

Plus de 35 ans

(%)

Le rajeunissement de la classe politique

44

51

42

L’atténuation des luttes internes dans les
 partis politiques

25

20

27

La meilleure représentation des femmes
 dans la classe politique

20

18

21

La meilleure représentation des personnes
 issues de l’immigration dans la classe
 politique

9

10

8

- Ne se prononcent pas

2

1

2

TOTAL

100

100

100

Les souhaits en matière d’avancées sociales

Question:Parmi les avancées sociales suivantes, laquelle vous semble la plus souhaitable pour 2006 ?

Ensemble

(%)

Une meilleure protection des salariés contre les licenciements

40

Une construction plus importante de logement sociaux dans les communes

21

Un meilleur accès des plus défavorisés aux grandes écoles et à l’université

21

Une revalorisation des minima sociaux

16

- Ne se prononcent pas

2

TOTAL

100

 
Contacts :
Frédéric DABI et Damien PHILIPPOT
Département d'Opinion Publique
Tél : 33 (0)1 45 84 14 44
Fax: 33 (0)1 45 85 59 39
Ce document présente les résultats d'une étude réalisée par l'Ifop. Elle respecte fidèlement les principes scientifiques et déontologiques de l'enquête par sondage. Les enseignements qu'elle indique reflètent un état de l'opinion à l'instant de sa réalisation et non pas une prédiction.

Aucune publication totale ou partielle ne peut être faite sans l'accord exprès de l'Ifop.