Le tableau de bord politique Paris Match - Ifop



Sondage Ifop - PARIS MATCH - 11 juillet 2006


L'approbation de l'action de Jacques Chirac comme Président de la République remonte de 5 points et atteint 37%. En revanche, le Premier ministre, Dominique de Villepin, perd 2 points. Avec 28% d'approbation, il enregistre son score le plus bas depuis son arrivée à Matignon.

L’approbation de Jacques Chirac progresse légèrement

Le jugement des Français sur l’action de Jacques Chirac comme Président de la République s’améliore ce mois-ci : 37% des personnes interrogées approuvent son action (+5 points) tandis que 63% émettent une opinion contraire (-5 points). La popularité de Jacques Chirac retrouve ainsi le niveau qui était le sien au début de la crise du CPE en février 2006 et progresse de 8 points depuis son plus bas annuel enregistré en avril (29%).

Les principaux soutiens au Président de la République se recrutent parmi les personnes âgées de moins de 35 ans (42% d’approbation), les artisans et commerçants (44%), ainsi que parmi les indépendants sans salariés et les employeurs (42%).

D’un point de vue politique, le renforcement des opinions positives exprimées à l’égard de Jacques Chirac ce mois-ci s’explique pour l’essentiel par le soutien retrouvé des sympathisants de l’UMP, lesquels approuvent à 67% son action contre 46% en juin. En revanche, seuls 25% des sympathisants de gauche partagent cette opinion.

Pour autant, cette embellie estivale ne s’accompagne pas d’une amélioration aussi forte des jugements détaillés sur les différentes dimensions de son image. Ainsi, dans le domaine des affaires extérieures, traditionnel point fort de l’image présidentielle, le Président de la République bénéficie toujours de jugements nettement majoritaires à un niveau comparable à celui de juin : 72% estiment qu’il défend bien les intérêts de la France à l’étranger (-1 point) et 61% qu’il mène une bonne politique européenne (+3 points).

En revanche, les traits d’image relevant de la scène politique intérieur pâtissent toujours de jugements particulièrement sévères. Ainsi, seule une minorité de Français approuve la politique sociale du Président de la République (37%, +2 points) et considère qu’il est sensible aux aspirations des Français (35%, -1 point). Plus précisément la perception d’un Président proche des préoccupations de Français est particulièrement partagée par les personnes âgées de 65 ans et plus (49%), les indépendants sans salariés et les employeurs (49%) et les sympathisants de droite (47% dont 59% à l’UMP).

Le Premier ministre conserve un niveau record d’impopularité.

Avec 28% d’approbation (-2 points), Dominique de Villepin obtient son plus mauvais score depuis son arrivée à Matignon. A l’inverse, 72% des personnes interrogées n’approuvent « plutôt pas » (28%) ou « pas du tout » (44%) son action.

Le Premier ministre demeure minoritaire dans toutes les catégories de la population, exception faite des sympathisants de l’UMP (50%), catégorie au sein de laquelle il perd cependant 8 points en un mois. Toutefois, il parvient à retrouver les faveurs d’une fraction non négligeable des proches de l’UDF après le décrochage observé en juin (39% contre 32%) suite au vote par François Bayrou et une partie des députés centriste de la motion de censure du gouvernement présentée par le Parti socialiste.

A l’issue d’une session parlementaire pour le moins mouvementée et riche en événements politiques, Dominique de Villepin aborde donc ces mois d’été dans un climat de défiance élevée. Dans le détail, celle-ci s’avère particulièrement forte auprès de certains segments : les plus jeunes (78% de désapprobation), les salariés du secteur privé (75%) et les sympathisants de gauche (85%).

Dominique de Villepin demeure minoritaire sur tous ses traits d’image mais bénéficie d’une nette amélioration en ce qui concerne la façon dont il dirige son gouvernement avec 46% d’opinions positives, soit une progression de 5 points en un mois.

Notons également qu’il consolide le regain de confiance des Français dans sa capacité à dialoguer : 40% des personnes interrogées perçoivent le Premier ministre comme un homme de dialogue, soit une hausse de 1 point en un mois et un gain cumulé de 12 points depuis la sortie de la crise du CPE en avril.

Le Premier ministre recueille les opinions les moins positives voire en retrait d’une vague d’enquête à l’autre sur les questions économiques et sociales : 35% (-2 points) des Français approuvent sa politique dans ce domaine et 37% (-3 points) jugent qu’il mène des réformes utiles pour le pays .

La crédibilité de l’opposition : des jugements nettement plus favorables et un souhait de victoire majoritaire.

43% des Français estiment que les représentants de l’opposition feraient « certainement » (12%) ou « probablement » (31%) mieux que le gouvernement s’ils exerçaient des responsabilités gouvernementales. Il s’agit du second meilleur score recueilli par l’opposition depuis la création de ce tableau de bord.

Corollaire de ce regain d’opinions positives, le souhait de victoire de la gauche lors de la prochaine élection présidentielle demeure majoritaire par rapport au mois de juin (52%). A contrario, 42% déclarent préférer une victoire de la droite (inchangé).

Les thèmes à aborder en priorité : le chômage et la protection sociale.

A l’instar des précédentes vagues d’enquêtes, le chômage figure en tête des thèmes à aborder en priorité lors de la campagne présidentielle. Avec 36% de citations (+2 points) cet enjeu distance toutes les autres priorités d’action proposées parmi lesquels figurent la protection sociale (16%, +1 point), la sécurité (13%, -1 point) et l’éducation (12%, -2 points).

Le classement des personnalités

Bernard Kouchner reste en tête du classement des personnalités avec 74% d’opinions positives (+4 points par rapport à juin). Mais Ségolène Royal, en forte progression ce mois-ci (72%, +5 points), le talonne désormais. Jack Lang (63%, +1 point) intègre le trio de tête au détriment de Jean-Louis Borloo dont l’ascension commencée il y a plusieurs mois est stoppée en juillet. Le Ministre de la Cohésion sociale perd en effet 3 points et se retrouve à la sixième place. Il est devancé par Bertrand Delanoë (63%, stable) et Nicolas Sarkozy (63%, +3 points), qui apparaît de nouveau comme la personnalité de droite la plus populaire.

On note quelques évolutions importantes à gauche. Arlette Laguiller d’abord enregistre un gain de 5 points et atteint la huitième place du classement (56% d’opinions positives contre 51% le mois dernier). Elisabeth Guigou progresse aussi : elle recueille 55% d’opinions favorables, contre 48% en juin et se situe désormais en dizième position. Olivier Besancenot poursuit la progression entamée le mois dernier et atteint 51% de bonnes opinions (+3 points). En revanche, Laurent Fabius perd 4 points (35%) tandis que Lionel Jospin, malgré ses récentes interventions médiatiques liées à son «retour », stagne (51%, -1 point).

A droite, on enregistre peu de mouvements. Philippe Douste-Blazy réalise une progression assez sensible (51% d’opinions positives, +4 points). En fin de classement, Marine Le Pen (24%, -2 points) et Jean-Marie Le Pen (24%, stable) confirment leurs bons scores de popularité enregistrés depuis deux mois.

Les duels

Dans le duel qui l’oppose à Lionel Jospin, Ségolène Royal continue de creuser l’écart. 68% des Français la préfèrent ainsi à l’ancien Premier ministre. 42 points séparent ainsi les deux candidats potentiels à la candidature socialiste, contre 35 en mai et 27 en février. La victoire de la présidente du Conseil régional de Poitou-Charente est encore plus évidente parmi les sympathisants du Parti Socialiste. Ces derniers sont en effet 71 % à la préférer à Lionel Jospin. Toutefois, sur l’ensemble de la gauche, l’ancien Premier ministre réduit l’écart : il obtient 32%, contre 66% pour Ségolène Royal, voire la dépasse de peu chez les sympathisants du PC (49% contre 47%).

Le deuxième duel opposant Martine Aubry à Ségolène Royal tourne également à l’avantage de la présidente du Conseil régional de Poitou Charente. Cette dernière l’emporte encore plus nettement que face à Lionel Jospin : 75% la préfèrent ainsi à la maire de Lille (20% faisant le choix contraire). Parmi les sympathisants socialistes, 78% choisissent Ségolène Royal et 20% Martine Aubry. Auprès de l’ensemble des sympathisants de gauche, les scores sont proches : 74% en faveur de la première et 25% pour la seconde. A droite, l’écart s’avère encore plus marqué puisque Martine Aubry n’obtient que 17%, contre 75% pour Ségolène Royal.

Enfin, Nicolas Sarkozy emporte largement son duel face à Dominique de Villepin, 63% des personnes interrogées le préférant au Premier ministre. L’écart reste identique à celui observé en avril. Rappelons qu’en décembre 2005, le ministre de l’Intérieur était distancé par le Premier ministre (52% pour ce dernier contre 43% pour Nicolas Sarkozy). Le président de l’UMP obtient son meilleur score auprès des sympathisants de son parti : 80% le préfèrent à Dominique de Villepin qui obtient 19%. Parmi les sympathisants de gauche, l’avance de Nicolas Sarkozy se réduit (52% contre 38% pour Dominique de Villepin).

Les conversations des Français

Au cours de la semaine passée, les Français ont presque unanimement parlé du parcours victorieux de l’équipe de France en Coupe du Monde : 91% déclarent en effet avoir abordé ce sujet dans leurs conversations avec leurs proches. L’assassinat des petites Stacy et Nathalie en Belgique a mobilisé 79% des Français. 76% des personnes interrogées ont également évoqué la vague de chaleur en France.

Au chapitre économique, la hausse des prix du carburant mobilise toujours fortement l’attention des Français, dans des proportions toutefois sensiblement moins importantes que les mois précédents (70% contre 73% en juin et 88% en mai). Deux tiers des interviewés ont également abordé dans leurs conversations la hausse du SMIC horaire du 1 er juillet. Mais 40% seulement ont parlé de la baisse du chômage en mai (-6 points par rapport à la dernière enquête).

Deux autres sujets d’actualité ont intéressé une majorité de Français : la régularisation des enfants de sans-papiers (59%) et les résultats du baccalauréat (54%).

Un tiers des Français ont par ailleurs parlé de la préparation de l’élection présidentielle de 2007, soit un score en retrait par rapport à celui observé ces deux derniers mois (41% en juin). 33% des personnes interrogées ont discuté du retour de Lionel Jospin, paradoxalement avec une intensité plus forte parmi les sympathisants de l’UMP (38% contre 32% parmi les sympathisants du PS).

La question de l’actu.

En moyenne, les Français envisagent de dépenser 1153 euros pour leurs vacances, soit environ 100 euros de moins que l’an dernier (1249 euros en juillet 2005). 17% dépenseront moins de 500 euros et une proportion équivalente plus de 1500 euros (18%). 35% des Français ne partiront pas en vacances. Les sommes dépensées sont très fortement corrélées à l’âge : les plus jeunes dépenseront ainsi en moyenne 587 euros, contre plus de 1500 euros pour les personnes de plus de 50 ans. Les plus âgés sont toutefois les plus nombreux à ne pas partir en vacances (48% des 65 ans et plus, contre 24% seulement des moins de 35 ans).

 

Consulter les résultats de l'étude
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Fiche technique

Echantillon de 1005 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de famille) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par téléphone au domicile des personnes interrogées. Du 6 au 7 juillet 2006.

 
Contact :

Frédéric DABI : Directeur du Département Opinion publique

Tél : 33 (0)1 45 84 14 44
Fax: 33 (0)1 45 85 59 39
Ce document présente les résultats d'une étude réalisée par l'Ifop. Elle respecte fidèlement les principes scientifiques et déontologiques de l'enquête par sondage. Les enseignements qu'elle indique reflètent un état de l'opinion à l'instant de sa réalisation et non pas une prédiction.

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