J'aime ma boîte


Sondage Ifop - Ethic / CSOEC 6 octobre 2004

Fiche technique

Echantillon de 2429 salariés européens des secteurs privé et public, issus d'échantillons représentatifs des populations nationales. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de famille) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par téléphone au domicile des personnes interrogées. L'étude a été menée au Royaume-Uni, en Allemagne, en Italie, en Espagne et en France. Du 9 au 17 septembre 2004.


Principaux enseignements

Les résultats de cette enquête révèlent une perception très positive de l'entreprise par ses salariés : un constat qui va à l'encontre des idées reçues et, notamment, du discours médiatique sur le désamour des salariés à l'égard de leur entreprise.

* Un attachement certain à son entreprise, et qui semble progresser

Près des trois quarts des salariés (74%) affirment " aimer leur boîte ", un constat un peu plus souvent partagé cette année par rapport à l'an passé (71%).

Dans le détail, on s'aperçoit que ce sentiment est davantage ressenti par les hommes (80%), les salariés d'au moins 50 ans (78%), les cadres (80% contre 74% pour les non cadres) et dans les entreprises de moins de 20 salariés (79%).

Il est intéressant de noter ici qu'il n'existe pas de différence sur ce point entre les salariés du secteur privé et ceux du public.


* Un sentiment partagé par les Européens ? Pas par tous, et pas de la même façon…

Si le fait de se sentir attaché à son entreprise au point de pouvoir déclarer " j'aime ma boîte " est une réalité qui demeure valable pour l'Italie (75%) et, plus encore, pour l'Espagne (82%), il n'en va pas de même pour l'Allemagne et le Royaume-Uni, où les salariés se reconnaissent peu dans cette affirmation (respectivement 48 et 46% de réponses positives).

Pour autant, ce clivage global observé entre les pays latins d'une part, l'Allemagne et le Royaume-Uni d'autre part ne se confirme pas de façon aussi nette dans les différentes catégories socio-démographiques.

En effet, la France est le seul pays où ce sentiment révèle une préférence masculine. Mise à part l'Italie, où on ne remarque pas de différence de genre, l'attachement à son entreprise est en fait légèrement plus féminin : 52% en Allemagne, 85% en Espagne et 49% au Royaume-Uni.

Ces frontières sont confortées en termes d'âge : si les plus jeunes salariés (moins de 35 ans) déclarent aimer davantage leur entreprise en Allemagne, au Royaume-Uni (même si le niveau d'adhésion des plus de 55 ans est également élevé, 59%) et en Espagne (respectivement 56%, 52% et 91%), ce sont plutôt les salariés français de 45 ans et plus qui se reconnaissent dans ce sentiment (78-80%), de même que les Italiens âgés d'au moins 55 ans (81%).

L'explication par la catégorie sociale s'avère en revanche limitée : en France ce sont plutôt les salariés des catégories supérieures (80%), en Allemagne les salariés des catégories moyennes (57%) et en Espagne ceux issus des deux catégories (87%) qui se déclarent les plus attachés.


* Un attachement qui va de pair avec la convivialité perçue de l'entreprise

Déclarant aimer leur entreprise, les salariés français la perçoivent conviviale dans la même proportion (76%) et 29% accentuent ce jugement en la qualifiant même de " très conviviale ".

Sans surprise, les salariés qui avaient déclaré aimer leur boîte sont également ceux qui y perçoivent une vraie convivialité. Ce ressenti est, par ailleurs, davantage constaté ici auprès des interviewés âgés de moins de 35 ans (78%) et semble caractéristique des entreprises urbaines, de Paris (81%) comme de province (77%).


* Une corrélation entre l'attachement à sa " boîte " et le fait d'être apprécié

La quasi-totalité des salariés se sent aimée au sein de son entreprise (90%). Plus on est jeune (moins de 35 ans, 93%) ou travaillant dans une petite structure (moins de 20 salariés, 95%), plus on est à même de partager ce sentiment.

En outre être aimé dans son entreprise jusqu'à s'y faire des amis n'est pas rare, c'est le cas de 83% des salariés et pour plus d'un tiers d'entre eux il pourrait même s'agir d'une habitude (oui, souvent : 37%). Cette évolution des relations entre collègues en liens amicaux est davantage constatée auprès des très jeunes salariés (18-24 ans, 86%), des cadres (89%) et des personnes travaillant dans de grandes entreprises (plus de 500 salariés, 92%).

En revanche, tomber amoureux d'un(e) collègue s'avère moins fréquent, voire relève de l'exception : 12% déclarent avoir connu cette situation. Il semble s'agir d'une particularité plutôt masculine (17%), émanant davantage des cadres (24%) et des entreprises de 100 à 500 salariés (17%).


* Le stress : principal parasite de la bonne ambiance

Malgré une convivialité certaine au sein de l'entreprise, des éléments peuvent en altérer la bonne ambiance.

En effet, deux éléments sont principalement susceptibles d'être mal vécus par les salariés : en premier lieu, la pression exercée par le supérieur (29%), un malaise qui tend à être davantage ressenti par les ouvriers (39%) dans les structures d'au moins 100 salariés (100 à 500, 40% ; plus de 500, 33%), et parmi les moins attachés à leur entreprise (48%) ; ensuite la surcharge de travail (27%), surtout pour les 18-24 ans (38%) et les 35-49 ans (33%), les entreprises de 20 à 99 salariés (35%) ou de plus de 500 salariés (33%). Il convient en outre de noter ici que le fait d'avoir trop de travail est davantage évoqué par les salariés du secteur privé (29%), que par ceux du public (19%).

La mauvaise éducation des collègues peut aussi " casser " l'ambiance (24%). Ce comportement semble moins toléré par les moins de 25 ans (32%) et les 50 ans et plus (29%), les cadres (33%) et dans les entreprises de 20 à 99 salariés (33%).

D'autres " nuisances " sont ensuite évoquées : la tristesse des locaux (20%), surtout pour les moins de 35 ans (26%) et les salariés de l'agglomération parisienne (28%) ; la perte d'un contrat ou de mauvais résultats (17%), notamment parmi les hommes (22%), les cadres (25%) et les entreprises de plus de 500 salariés (20%).

Enfin, le supérieur hiérarchique direct peut représenter la source d'une mauvaise ambiance pour 14% des salariés, principalement s'il s'agit des employés (18%), d'entreprises de plus de 500 salariés (20%) et dans le secteur public (26% contre 11% dans le privé).



* Des salariés consciencieux mais pas " aliénés "

Les salariés s'estiment majoritairement consciencieux dans leur travail (78%), 18% déclarant même se " défoncer " pour leur entreprise, seuls 4% font le minimum nécessaire et personne n'affirme en faire le moins possible.

Des profils types opposés se dessinent quant à l'investissement des salariés dans leur travail : les " consciencieux " sont davantage représentés par des femmes (83%), des 35-49 ans (81%), des employés ou des ouvriers (85 et 81%) et les structures de moins de 20 ou de plus de 100 salariés (81 à 83%), tandis que les " très motivés " s'avèrent plus nombreux parmi les hommes (22%), les 18-24 ans (38%) ou les 50 ans et plus (24%), les cadres (29%), au sein des entreprises de 20 à 99 salariés (23%) et en agglomération parisienne (25%).


* La fête de l'entreprise : l'occasion de conforter les relations entre collègues.

Avant tout, la fête de l'entreprise doit permettre de mieux connaître ses collègues (34%). Cette attente émane essentiellement des personnes âgées de 25-34 ans (38%), des cadres (47%), des salariés d'entreprises de 100 à 500 salariés (49%) et de l'agglomération parisienne (40%).

Dans le même ordre d'idée il pourrait également s'agir de faire évoluer les relations entre salariés (26%), une proposition exprimée avec plus d'intensité par les 35-49 ans (33%), les cadres (31%), les entreprises de plus de 500 salariés (34%) et en région parisienne (32%).

L'objectif de motivation est beaucoup moins évoqué (16%) et encore moins l'occasion d'oublier ses soucis professionnels quotidiens (10%). Ces deux dimensions sont caractéristiques des salariés les plus jeunes (18-24 ans, 27 et 16%) et - pour la motivation - des entreprises de moins de 20 salariés (22%).

Le fait de mieux connaître son patron ou son supérieur recueille, quant à lui, peu d'intérêt : 8%.

Télécharger les résultats complets de l’étude
au format PDF (670 Ko)

 
Contacts:
Frédéric DABI et Alain RENAUDIN
Département d'Opinion Publique
Tél : 33 (0)1 45 84 14 44
Fax: 33 (0)1 45 85 59 39
Ce document présente les résultats d'une étude réalisée par l'Ifop. Elle respecte fidèlement les principes scientifiques et déontologiques de l'enquête par sondage. Les enseignements qu'elle indique reflètent un état de l'opinion à l'instant de sa réalisation et non pas une prédiction.

Aucune publication totale ou partielle ne peut être faite sans l'accord exprès de l'Ifop.