Les Français, les Maires et les dirigeants de PME/PMI et le nouveau paysage énergétique
Le 1er juillet 2007, les marchés énergétiques seront ouverts à la concurrence pour tous les clients particuliers. Un an avant cette ouverture complète des marchés de l’énergie à la concurrence, le 4 ème baromètre FNCCR-IFOP apporte des éclairages intéressants et parfois inattendus sur l’opinion du grand public et de deux autres catégories d’intervenants déjà concernés par l’ouverture des marchés de l’électricité et du gaz : les maires et les chefs d’entreprises.
Les Français face à la nouvelle donne énergétique : le statu quo à un an du jour J
Une minorité toujours moins encline à changer de fournisseur, des motivations surtout budgétaires.
Seuls 24 % des Français affichent leur intention de changer de fournisseur d’électricité ou de gaz, un pourcentage en baisse continue depuis juin 2004.
Pour les particuliers enclins à jouer le jeu de la concurrence et à changer de fournisseur, les principales motivations déclarées concernent le prix et donc la baisse de leur facture énergétique (pour 67% d’entre eux) et, quoique dans une moindre mesure, une offre d’énergie « verte » (énergies renouvelables telles que l’éolien, l’hydraulique, le solaire…) qui séduit près d’un quart d’entre eux (23%).
L’ouverture du marché, un non-événement pour les mairies et les entreprises ? Des intentions de changement de fournisseur qui restent marginales
Le statu quo constaté dans les intentions déclarées du grand public trouve un large écho dans les jugements des chefs d’entreprises et des maires interrogés par l’Ifop.
Invités à dresser le bilan d’un an d’ouverture à la concurrence, seuls 11% des chefs d’entreprise estiment ainsi que celle-ci a un impact satisfaisant sur leur activité. Un pourcentage à rapporter aux 3% qui jugent cet impact négatif et, surtout, aux 86% qui estiment que cela n’a rien changé.
Ces chiffres se trouvent largement corroborés par les élus locaux qui, pour 89% d’entre eux, estiment que l’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence n’a rien changé pour leur commune au cours de la dernière année, 9% parmi eux déclarant qu’elle a eu un impact satisfaisant, et 2% soutenant le contraire.
Ces opinions trouvent une traduction concrète dans les pratiques : du côté des entreprises et, plus encore, des élus, éligibles depuis deux ans, la concurrence fait de moins en moins recette.
87% des chefs d’entreprises et 92% des maires n’ont ainsi aucunement l’intention de changer de fournisseur, cette tendance au statu quo s’affirmant encore davantage en 2006 qu’en juin 2005 (avec respectivement 82% des chefs d’entreprises et 88% des maires qui n’avaient pas l’intention de changer de fournisseur).
Au total en 2006, seuls 5% des chefs d’entreprise et 4% des maires envisagent de quitter l’opérateur historique ; de plus, 6% des chefs d’entreprise auraient déjà changé d’opérateur et respectivement 1% des entreprises et 3% des maires seraient en cours de changement.
Ces attitudes et comportements sont d’autant plus surprenants qu’on note un bon niveau de connaissance des nouvelles règles du marché énergétique - plus élevé dans les communes que dans l’entreprise toutefois - et que le démarchage commercial auprès des maires et des chefs d’entreprises s’affirme de plus en plus au fil des années.
94% des élus savent ainsi que, depuis deux ans, les communes peuvent choisir leur fournisseur d’électricité et de gaz. Par ailleurs, les contacts des maires avec la concurrence progressent. 21% d’entre eux ont été sollicités, au cours des derniers mois, par des fournisseurs autres qu’EDF ou Gaz de France (contre 12% en juin 2005).
Du côté des entreprises, le niveau de connaissance est également correct, même s’il faut noter que 18% de chefs d’entreprises ne sont pas encore conscients qu’ils peuvent changer de fournisseur depuis deux ans. Quant au démarchage, il s’avère plus actif s’agissant des entreprises que des municipalités. 42% des entreprises interrogées auraient ainsi été contactées par les concurrents d’EDF et Gaz de France, proportion en hausse notable depuis le début du baromètre (4% en juin 2004, 14% en novembre 2004, 26% en juin 2005).
Si l’attentisme et un certain statu quo dans les pratiques semblent de rigueur, la poursuite du processus d’ouverture du marché énergétique est considéré, dans son principe, avec bienveillance par les entreprises et les mairies. Ainsi, 87% des chefs d’entreprise et 67% des maires considèrent que l’ouverture prochaine, en juillet 2007, des marchés aux clients individuels est « une bonne chose » au vu de leur propre expérience.
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Fiche technique :
Échantillon de 821 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de famille) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Échantillon de 502 chefs d’entreprise, représentatif des entreprises de 0 à 49 salariés et réalisant moins de 10 Millions d’Euros de chiffre d’Affaires. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (taille, secteur d’activité) après stratification par région.
Échantillon de 303 Maires, représentatif de la population des Maires. La représentativité de l'échantillon a été assurée par la méthode des quotas (taille de la commune et région).
Pour le Grand Public, les interviews ont eu lieu par téléphone au domicile des personnes interrogées.
Pour les Maires et les chefs d’entreprise, les interviews ont eu lieu par téléphone sur le lieu de travail des personnes interrogées.
Grand public : 15 au 16 juin 2006.
Chefs d’entreprise : 14 au 19 juin 2006
Maires : 14 au 20 juin 2006.
Contact : Frédéric DABI : Directeur du Département Opinion publique
Jérôme FOURQUET : Directeur adjoint du Département Opinion publiqueTél : 33 (0)1 45 84 14 44 Fax: 33 (0)1 45 85 59 39
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