Les indices de popularité - Juin 2006


Sondage Ifop - Le Journal du dimanche19 juin 2006

Le commentaire du sondage par Jean-Luc Parodi(*)

(*)Directeur de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques, Consultant Ifop.

Onze mois encore avant que se tourne définitivement la page chiraquienne de la Vè République, et c’est un exécutif ancré dans l’impopularité qui doit gouverner la France en cette dernière année : - 2 pour le Président, - 5 pour le Premier ministre au dernier baromètre Ifop-JDD. Motifs : le CPE, l’incompréhensible affaire Clearstream et l’amnistie jugée choquante de Guy Drut.

Jacques Chirac atteint dans son coeur de cible. Avec 27% de satisfaits (- 2) et 70% de mécontents (toujours le record de toute la Vè République), le président de la République enregistre le plus bas niveau de satisfaction de ses onze ans de mandat présidentiel, égalisant ses précédents records de novembre 1995 et novembre 1996 et faisant pire qu’après l’échec du référendum européen. Avec un tel écart entre satisfaits et mécontents, il est naturellement minoritaire dans toutes les catégories non politiques ; son recul est particulièrement sensible dans la tranche d’âge qui lui est habituellement la plus favorable, - 8 chez les 65 ans et plus (dont 69% se disent mécontents), et – 10 chez les 50-64 ans (avec un niveau record de mécontentement de 78%). La baisse est également forte chez les sympathisants UDF (- 7). A l’UMP, on compte presque autant de mécontents (48%) que de satisfaits (50%). C’est une véritable crise de confiance probablement accentuée par le fait que cette droite croit s’être déjà trouvée, avec Nicolas Sarkozy, son nouveau leader.

Dominique de Villepin minoritaire chez les siens. La situation est de ce fait encore pire que pour le Premier ministre, avec 23% seulement de satisfaits (- 5), un niveau encore plus bas qu’en pleine crise du CPE, et 73% de mécontents (+ 2). Ayant déjà presque tout perdu à gauche, c’est donc à droite qu’il recule (- 15 à l’UDF, - 8 à l’UMP) et dans l’électorat âgé (- 6 et - 9 chez les 50-64 ans et 65 ans et plus). Plus grave encore, il est désormais dans le rouge chez les sympathisants UMP dont 53% se disent mécontents pour 44% seulement de satisfaits.

CPE, Clearstream, amnistie de Guy Drut. Si le CPE, très souvent cité à gauche, continue de marquer défavorablement le pouvoir, s’il fait parfois regretter que le Premier ministre n’ait pas démissionné, ce sont surtout les « affaires » qui, à droite, retiennent l’attention. Ecoutons les sympathisants UMP évoquer Clearstream, trop obscur, et Guy Drut, trop clairement choquant : « Il l’a amnistié sans raison, pour une question d’amitié » ; « L’amnistie de Guy Drut ne m’a pas plu, je trouve que les Français ne sont pas égaux devant la justice » ; « L’amnistie présidentielle n’est pas faite pour ça ».

Sur Clearstream, qui « est un bazar », on reproche à droite au Président de ne pas intervenir et cette non-intervention alimente parfois les soupçons : « Il était très certainement au courant de ce qui s’est passé et il n’a rien fait pour éviter que cette affaire ne s’envenime ». De là pour le Président une perception de « fin de règne », de « lassitude générale de sa part » ; on le trouve « de plus en plus fatigué », on estime qu’« il n’a plus sa place », qu’« il a dépassé l’âge », bref « qu’il se contente de rester sans bouger », « qu’il ne prend plus de décisions et qu’il attend que sa ‘présidentielle’ se termine sans faire grand-chose ». Quand au Premier ministre, il ne se relève pas de sa gestion « entêtée » de l’affaire du CPE et sa concurrence avec Nicolas Sarkozy.

On comprend, dans ces conditions pourquoi les deux têtes de l’exécutif attendent de la Coupe du monde puis des vacances deux bouffées d’oxygène bien nécessaire. Et aussi pourquoi même une victoire de l’équipe de France n’apporterait pas à Jacques Chirac les records d’opinions favorables qu’elle avait offerts au président de la cohabitation déjà très populaire qu’il était il y a huit ans.

Consulter les résultats de l'étude (fichier pdf)

Fiche technique

Echantillon de 1854 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de famille) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par téléphone au domicile des personnes interrogées. Du 8 au 16 juin 2006.

 
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Frédéric DABI
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Ce document présente les résultats d'une étude réalisée par l'Ifop. Elle respecte fidèlement les principes scientifiques et déontologiques de l'enquête par sondage. Les enseignements qu'elle indique reflètent un état de l'opinion à l'instant de sa réalisation et non pas une prédiction.

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