Les indices de popularité - Juillet 2006
Baromètre Ifop - Le Journal du dimanche 23 juillet 2006
Le commentaire du sondage par Jean-Luc Parodi(*)
(*)Directeur de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques, Consultant Ifop.
L’avantage des chutes record d’impopularité, c’est qu’on ne peut que remonter dès que se déplacent les enjeux. Il y a un mois, les deux têtes de l’exécutif enregistraient leurs plus bas niveaux de satisfaction depuis leur arrivée respective au pouvoir. La nouvelle enquête Ifop-JDD, réalisée en pleine crise libanaise – et après l’intervention du 14 juillet – accorde au Président une remontée exceptionnelle (+11) et à son Premier ministre une hausse de moitié (+5).
Le Président dans ses rôles : apaisement, Zidane, Liban . Avec 38% de satisfaits (+11) mais encore 61% de mécontents (-9), Jacques Chirac retrouve ses niveaux de début d’année avant la crise du CPE. Sa remontrée est principalement due aux sympathisants de droite (UMP +14, UDF +12, FN +17) chez lesquels il avait particulièrement baissé le mois dernier. A écouter les personnes interrogées, on discerne trois causes dont l’empilement donne l’explication de ce spectaculaire redressement.
En premier lieu, une disparition des principales raisons de mécontentement : « Les grands conflits du CPE sont passés ». On ne parle plus de l’affaire Guy Drut. Clearstream est à peine mentionné. Bien sûr, la Coupe du monde est passée par là : « Avec la Coupe du monde, on n’entend plus parler de politique, on a l’impression que tout va bien ». Cet apaisement, auquel s’ajoute une sorte d’indulgence de fin de mandat (« Comme il va arriver à la fin de son mandat, je ne vois pas pourquoi je serais plus mécontent »), explique probablement pour un gros tiers la remontée présidentielle.
Ensuite, la mise en scène de cet apaisement, le triple retour du Président qu’on accusait d’être lointain, à travers ses deux interventions télévisées et sa proximité médiatique avec l’équipe de France et Zidane (« Ses interventions avec Zidane, il remonte son image »).
Enfin, et sans doute surtout, la crise libanaise a remis au premier plan la dimension internationale du rôle présidentiel : « Sa politique extérieure m’a fait changer d’avis », dit expressément un sympathisant UMP. Un autre assure : « Il a repris la France en main ». Ainsi, sa position dans le drame du Proche-Orient lui permet de « retrouver un peu d’aura sur le plan international » et réveille des souvenirs anciens : « Je trouve qu’il sait prendre de bonnes décisions en matière de politique extérieure : pour l’Irak, heureusement qu’il était là ».
Le Premier ministre : une petite remontée des enfers . Pour Dominique de Villepin, le redressement est naturellement beaucoup moins fort : «28% de satisfaits (+5) et surtout 71% de mécontents (-2). Pour lui aussi la première explication vient de l’apaisement par défaut : « On entend moins parler de lui, alors ça passe mieux. » ; « Il a un peu pété les plombs avec Hollande, maintenant on a l’impression qu’il est revenu à la raison ». Le Liban joue aussi à la marge (« Parce qu’il a une part de responsabilité dans la politique étrangère »).Mais sur le fond, les rendez-vous sont pris et le même, qui évoquait plus haut la Coupe du monde et l’impression que tout va bien, ajoutait : « Mais dès le mois de septembre… ».
Consulter les résultats de l'étude (fichier pdf)
Fiche technique
Echantillon de 925 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de famille) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par téléphone au domicile des personnes interrogées. Terrain du 20 au 21 Juillet 2006.
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