Les indices de popularité - Août 2006
Baromètre Ifop - LE JOURNAL DU DIMANCHE 27 août 2006
Le commentaire du sondage par Jean-Luc Parodi(*)
(*)Directeur de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques, Consultant Ifop.
C’est un exécutif stabilisé par la pause estivale mais toujours nettement minoritaire que révèle le nouveau baromètre Ifop-JDD : - 2 pour Jacques Chirac après les + 11 du mois de juillet ; + 4 pour Dominique de Villepin, qui ne s’était redressé, lui, que de 5 points le mois dernier. Mais l’un comme l’autre frôlent toujours les deux tiers des mécontents.
L’affaiblissement des causes immédiates de mécontentement et la politique libanaise de la France expliquent l’amélioration ; l’insatisfaction sociale explique le maintien dans le rouge.Jacques Chirac. Avec 36% de satisfaits (- 2) et 63% de mécontents (+ 2), le président la République enregistre un léger recul d’ajustement après sa hausse spectaculaire de juillet. Il reste cependant toujours minoritaire chez les sympathisants UDF et compte 38% de mécontents chez les UMP. Son recul est particulièrement accentué aux deux extrêmes : au PC (- 9) et au FN (- 13).
Pour bien comprendre l’effet à la fois réel et limité de l’enjeu libanais, il faut le comparer, à la baisse, aux crises internationales types : ce n’est ni le classique « ralliement derrière le drapeau », qui suppose à la fois un drapeau et un ennemi, ni la décision de non-guerre irakienne ; c’est plutôt l’intervention humanitaire, le « cessez-le-feu ». De surcroît, la nature même de cette intervention reste complexe : « C’est un peu brouillon », dit une personne interrogée, et une autre, faisant le lien avec le reproche classique en politique intérieure, évoque le « trop de belles paroles pour peu de réalités ».Dominique de Villepin. Avec 32% de satisfaits (+ 4) et 66% de mécontents (- 5), le Premier ministre se redresse un peu, surtout chez les siens (+ 11 à l’UMP, + 14 à l’UDF) et chez les jeunes de 25 à 34 ans (+ 16). Peu de raisons positives à l’appui de ce redressement : « Il n’y a pas d’événement précis mais on parle moins de lui en ce moment ». Tout au plus quelques allusions très épisodiques à la baisse du chômage, à l’augmentation du smic, au « nouveau plan pour les jeunes » et au rôle joué dans la politique libanaise de la France : tous sujets qui semblent surtout jouer sur ses propres troupes.
Il y a cinq ans, en septembre 2001, en pleine euphorie cohabitationniste il est vrai, Jacques Chirac comptait 62% de satisfaits (contre 30% seulement de mécontents) pour terminer, huit mois plus tard, à 20% seulement de suffrages au premier tour de la présidentielle ; avec une cote inversée (36%-62%), soit inférieure de 36 points, on peine à imaginer à quel score électoral il descendrait en avril prochain s’il décidait de se représenter.
Consulter les résultats de l'étude (fichier pdf)
Fiche technique
Echantillon de 939 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de famille) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par téléphone au domicile des personnes interrogées. Terrain du 24 au 25 Août 2006.
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