Baromètre de conjoncture des TPE - Vague 8


Sondage Ifop - Fiducial Octobre 2002

Fiche technique

L’IFOP a réalisé une étude téléphonique auprès de 1002 dirigeants de Très Petites Entreprises de 0 à 19 salariés (Industrie Commerce, Services). Un échantillon d’entreprises structuré selon la méthode des quotas, raisonné sur les critères suivants : Le secteur d’activité de l’entreprise, la taille de l’entreprise, la région d’implantation de l’entreprise. Les résultats ont été redressés selon les dernières données INSEE (secteur d’activité, taille salariale, région), afin d’avoir la meilleure représentativité de ce tissu économique français. Terrain du 14 au 23 octobre 2002.

PRINCIPAUX CONSTATS

LE MORAL DES TPE :

Les perspectives pour le dernier trimestre : vers la stabilité ?
Les dirigeants de TPE restent plus nombreux à être optimistes que pessimistes, et ce différentiel reste stable entre juillet et octobre.
Cependant les avis sont plus partagés :
ils sont plus nombreux qu'en juillet à croire à une amélioration et plus nombreux à croire à une détérioration de leur situation,
… donc moins nombreux à anticiper une stabilité.

Des inquiétudes sur le climat général des affaires
Aujourd'hui 63% des dirigeants de TPE appréhendent le climat général de façon négative alors qu'ils étaient 53% à être optimistes en juillet dernier.
L'optimisme en ce qui concerne directement leur activité fléchit également de 68% à 60%.

 

LES TPE ET LES PERSPECTIVES D'EMPLOIS :

Plus d'embauches que prévu ont été réalisées ces 3 derniers mois
En juillet 2002, 14% des dirigeants de TPE prévoyaient d’embaucher dans les 3 prochains mois. Ils ont été finalement 18% à passer à l’acte.
Sur ces 18%, 12% des dirigeants ont véritablement créé des postes, 6% ont procédé à des remplacements.
Enfin, comme 5% des TPE ont supprimé des postes, ce sont en fait 7% des TPE (12% - 5%) qui ont créé au moins un poste.
11% prévoient d’avoir recours à de l’embauche dans les 3 prochains mois, pour un solde net de créations d’emplois de 6% sur le trimestre.

 

LES MESURES DU GOUVERNEMENT SELON LES TPE :

Une confiance plus mesurée dans le Gouvernement, des mesures reconnues comme allant dans le bon sens, mais jugées prudentes, des attentes encore très fortes.
En juillet dernier, la moitié des dirigeants de TPE s'accordaient à dire que le nouveau Gouvernement prendrait davantage en considération leurs préoccupations que l'ancien Gouvernement. Cette forte confiance placée dans une nouvelle équipe au lendemain des élections est moindre aujourd'hui, puisqu'ils ne sont plus que 22% à le penser.
Ainsi soulignent-ils indirectement leurs attentes en tant que petites entreprises, car 60% considèrent pour l'instant que les mesures initiées par le nouveau Gouvernement vont surtout bénéficier aux grandes entreprises.

Malgré tout, dans l'ensemble, ils restent 50% à estimer que les mesures et les actions mises en place ou annoncées vont plutôt dans le bon sens, et ils reconnaissent …
à 62% que ces mesures et actions répondent à des sujets importants,
à 53% qu'elles ont été rapides,
à 50% qu'elles sont crédibles,
à 45% qu'elles inspirent confiance,
mais 29% seulement les jugent courageuses.
(des mesures mieux notées par les dirigeants d'entreprises de 10 à 19 salariés).

 

LES MESURES ANNONCEES :

Une approbation plus unanime sur quelques mesures précises
Sur cinq principales mesures testées en octobre 2002, toutes recueillent un large assentiment des dirigeants de TPE…
(total d’accord)
à 82% pour l'harmonisation des SMIC,
à 78% pour la baisse des charges patronales,
à 70% pour l'augmentation du contingent d'heures supplémentaires,
à 68% pour la baisse de l'impôt sur le revenu (en baisse par rapport à juillet),
à 62% pour les mesures pour la création d'emplois.

L'harmonisation des SMIC décidée au moment de l'enquête semble très fortement approuvée.

La baisse de l'impôt sur les revenus est encore largement saluée (68%) mais en retrait par rapport à juillet (75%).

 

LES OBSTACLES DU GOUVERNEMENT :

La faiblesse de la croissance économique et l'ampleur des déficits et dette publics au centre des principales craintes
Les mouvements sociaux restent un obstacle possible, mais moins cités qu'en juillet.
Les interviewés ont du mal à évaluer le projet de budget de loi de finances pour 2003, mais en tendance le considèrent comme :
Plutôt ambitieux,
Mais peu crédible.

Les priorités attendues sont générales … avant d'être au cœur de la vie d'entreprise
L'insécurité (37% les citent)
Les retraites (35%)
Les mesures pour l'emploi (35%)
Les simplifications administratives (33%)
La création d'entreprise (26%)
Un cadre spécifique aux TPE (19%)
Selon les dirigeants de TPE la décentralisation arrive avant-dernier (9% la citent comme une priorité).

 

LES TPE ET LES 35 HEURES :

35 heures : un immobilisme désormais bien ancré
Heures Supplémentaires : dans la bonne direction mais peu concernées

Moins d'un dirigeant de TPE sur deux déclare avoir réduit la durée du temps de travail et les intentions d'appliquer demain les 35 heures sont encore en chute. Parmi ceux qui n'ont pas réduit leur temps de travail, seulement 10% envisagent de le faire demain alors qu’ils étaient 15% en juillet et 38% en mars dernier.
35% des TPE qui ont appliqué les 35 heures envisagent de revenir aux 39 heures.

L'augmentation du contingent d'heures supplémentaires (au centre de l'actualité au moment de cette enquête), est reconnu comme allant dans le bon sens par 70% des dirigeants de TPE (et 80% pour ceux qui sont passés aux 35 heures).
Mais la majorité (53%) pensent que la mesure n'aura aucun effet.
Un effet positif surtout envisagé par les plus « grosses TPE » : « 6-9 salariés » : 43% (versus 38% sur l’ensemble) ; les « 10-19 salariés » : 53% vs 38%.
En effet elles ne sont que 35% à déclarer avoir recours aux heures supplémentaires assez souvent et 11% déclarent qu’elles utiliseront davantage d'heures supplémentaires suite à cet assouplissement.


LES TPE ET LE SMIC :

Des mesures jugées positivement même si elles pénalisent certaines TPE

L'harmonisation du SMIC à un tarif unique et son augmentation est une action reconnue comme allant dans le bon sens (à 82%).

Une TPE sur deux emploie au moins un salarié rémunéré entre le SMIC et 110 % du SMIC. Elles sont pourtant presque aussi nombreuses (74% vs 82%) à juger que ces mesures vont plutôt dans le bon sens.

Parmi ces TPE concernées, elles sont néanmoins 61% à pressentir que l'augmentation de 11,4% sur la période allant jusqu'à juillet 2005 entraînera pour leur entreprise des problèmes financiers ou de rentabilité.

Sont également évoqués les problèmes suivants :
50% mentionnent le nivellement de la hiérarchie des salaires,
47% un frein pour l'embauche,
et 44% une augmentation des autres salaires par répercussion.

 

LES TPE ET LA BAISSE DES CHARGES :

Des mesures d'allègements encore peu connues et considérées comme "molles"

Lors de l'enquête 59% des dirigeants de TPE d'au moins un salarié déclaraient avoir entendu parler des mesures d'allègement de cotisations sociales proposées par le Gouvernement.

Et parmi celles-ci elles ne sont que 14% à penser que ces mesures donneront lieu à des réductions importantes.

 

LES TPE ET LES PRIX :

Une hausse des prix qui continue à être ressentie par les dirigeants de TPE

L'analyse pré et post 1er janvier 2002 avait révélé un passage à l’Euro sans problème. Quelques appréhensions étaient bien perceptibles avant le basculement. Mais finalement, après coup, les TPE avaient constaté que l’introduction de l’Euro n’avait eu que très peu d'impact.

Néanmoins une hausse des prix lors du 2ème trimestre avait été constatée par 67% des dirigeants de TPE. Ils sont encore 62% à constater une hausse lors du 3ème trimestre, alors que seulement 35 % d’entre eux l’avaient prévue en juillet.

Télécharger les résultats complets de l’étude
au format PDF (584 Ko)

 

Ce document présente les résultats d'une étude réalisée par l'Ifop. Elle respecte fidèlement les principes scientifiques et déontologiques de l'enquête par sondage. Les enseignements qu'elle indique reflètent un état de l'opinion à l'instant de sa réalisation et non pas une prédiction.

Aucune publication totale ou partielle ne peut être faite sans l'accord exprès de l'Ifop.