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Baromètre sur l’image comparée des gendarmes et des policiers – Vague 6

Quatre années après la dernière enquête auprès des Français sur leur rapport aux policiers et aux gendarmes conduite à l’occasion du premier anniversaire des attentats de novembre 2015, près de 9 Français sur 10 (85 %) déclarent aujourd’hui avoir une bonne opinion des gendarmes contre moins de 3 Français sur 4 (70 %) pour les policiers.

 

Ces résultats d’apparence favorables aux forces de l’ordre sont toutefois à nuancer car en baisse depuis novembre 2016, période déjà marquée par une vague de manifestations liée à la lutte contre la loi Travail. L’institution militaire perd 3 points de bonnes opinions en quatre ans tandis que la police se voit confronter à une diminution de 10 points, dans un contexte de tensions entre des manifestations contre la proposition de loi « sécurité globale » et, alimentées par les images du passage à tabac de Michel Z., producteur de musique, dans le XVIIe arrondissement parisien.

 

Cette succession d’événements violents largement médiatisées par le biais des réseaux sociaux agit comme un catalyseur du ressentiment d’une partie de la population à l’égard des forces de l’ordre. Les Français semblent en effet plus durs dans leur vision des forces de l’ordre : seuls 17 % des sondés disent avoir une « très bonne opinion » des gardiens de la paix, soit une baisse de 8 points depuis novembre 2016. Cette baisse significative reste toutefois à nuancer car le score actuel s’inscrit dans l’étiage assez fluctuant mesuré au cours de la dernière décennie. En 2012, le taux de « très bonnes opinions » s’établissait à son score le plus bas de 9 % pour atteindre 25 % qu’en décembre 2015, après une année marquée par le terrorisme djihadiste. L’étiage s’était, jusqu’à aujourd’hui, stabilisé à un Français sur quatre (25 %). Les futures études diront si cette proportion retrouve ou non son niveau d’origine.

 

En d’autres termes, s’il y a bien un « effet Michel Z. » sur la perception qu’ont les Français spécifiquement des policiers car en ce qui concerne les gendarmes, le niveau de « très bonne opinion » demeure élevé, s’établissant à 35 % chez les Français, un taux déjà observé en novembre 2016 et ne connaissant donc pas de fluctuation notable.

 

Dans les deux cas, un effet génération et un effet politique semblent se dégager. Assez classiquement, les jeunes de 18 à 24 ans sont 78 % à avoir une bonne opinion des gendarmes contre 91 % pour les 65 ans et plus. De même, les sympathisants de la France Insoumise sont 73 % à partager cette opinion contre 96 % des sympathisants La République en Marche. Ce clivage politique est encore plus marqué vis-à-vis de l’institution policière : seulement 48 % des sympathisants du mouvement de Jean-Luc Mélenchon ont une bonne opinion des policiers contre près de 9 sympathisants de la République en Marche sur 10 (88 %, soit une différence de 40 points). On voit ici que le discours sur les violences policières trouve un écho manifeste dans l’électorat de la France insoumise, dont une partie adhère aussi sans doute à l’idée que la police serait « aux ordres du pouvoir macroniste », vision que ne partage pas bien entendu les sympathisants LREM.

 

La présence renforcée des policiers sur le terrain, mise en place à la suite des attentats de Conflans-Sainte-Honorine et de Nice en octobre 2020, ne s’est pas traduite par une plus grande proximité vis-à-vis de l’institution policière. En effet, seuls 12 % des Français (une baisse significative de 4 points) considèrent que les policiers sont plus proches de la population que les gendarmes tandis qu’ils sont 30 % à penser le contraire, soit une hausse de 2 points depuis novembre 2016. L’honnêteté, l’efficacité et la motivation suivent la même tendance, s’établissant respectivement pour les policiers à 3 % (soit 2 points de moins), 5 % (une diminution de 4 points) et 6 % (correspondant à une baisse de 2 points). A ces baisses, répondent des hausses de proportion parfois significatives pour les gendarmes : les Français sont 26 % à penser que l’honnêteté et l’efficacité caractérisent plutôt ces derniers comparativement aux policiers (une hausse respective de 5 et 7 points). Finalement, la motivation semble être elle-aussi une caractéristique davantage acquise à l’institution militaire plutôt qu’à la police avec une hausse de 6 points depuis la dernière enquête, s’établissant donc aujourd’hui à 23 %. Il est à noter toutefois que ces quatre qualificatifs (proximité, honnêteté, efficacité et motivation) restent majoritairement, aux yeux des Français, partagés autant par l’une que par l’autre institution.

 

Quatre années après la dernière enquête auprès des Français, cette vague de baromètre confirme la popularité des forces de l’ordre dans leur ensemble qui jouissent d’une relative bonne image aux yeux de l’opinion publique. Cependant, les récents actes délictueux commis par certains policiers, la reconnaissance par le président Macron de l’existence de « violences policières » (expression toujours refutée jusqu’alors) et les affrontements entre forces de l’ordre et « Black bloc » quasi hebdomadairement depuis le mouvement des Gilets jaunes, viennent écorner l’image des policiers alors que celle des gendarmes semblent préservée.

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Les résultats

Méthodologie de recueil

L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1 004 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d'agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 4 au 7 décembre 2020.

Vos interlocuteurs

Jérôme Fourquet Directeur du pôle Opinion & Stratégies d'Entreprises

Louise Jussian Chargée d'études - Département Opinion & Stratégies d'Entreprise

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L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1 004 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d'agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 4 au 7 décembre 2020.

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