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Contraception : pourquoi les femmes délaissent la pilule ?

A l’occasion la journée mondiale de la contraception, l’Ifop publie un sondage qui permet pour la première fois d’évaluer le délaissement de la pilule par les femmes et les raisons de ce phénomène grandissant depuis plusieurs années. Réalisée par l’Ifop pour IllicoMed, cette étude menée auprès d’un échantillon national représentatif de 1 084 femmes s’avère riche en enseignements :

La pilule : un moyen de contraception de moins en moins utilisé, au profit d’autres méthodes

La pilule demeure aujourd’hui un moyen de contraception massivement utilisé par les femmes. Notre étude montre que huit femmes sur dix (80%) l’ont déjà prise au moins une fois au cours de leur vie. Pour preuve, parmi les femmes proches de la ménopause, ce chiffre monte même à 90%.

En 2018, en revanche, on observe que plus d’un tiers des femmes (37%) se déclarent sous contrôle hormonal, dont 5% couplent la pilule avec le préservatif, contre 25% pour le stérilet et 16% le préservatif exclusivement.

Si la pilule est le principal moyen de contraception déclaré par les femmes, cela ne doit pas masquer la progressive baisse de son utilisation. Ainsi, la popularité de la pilule a baissé de manière significative ces dernières années, passant de 45% en 2010 selon l’étude de Santé Publique France à 37% aujourd’hui. A la place se sont développés d’autres moyens de contraception comme le préservatif (+6 points en 8 ans) ou le stérilet (environ +6 points en 8 ans).

 

La pilule : un moyen de contraception aux effets secondaires dissuasifs

Actuellement, 90% des femmes déclarent être satisfaites de leur moyen de contraception. Ce chiffre comporte néanmoins une nuance à souligner car moins d’une sur deux (46%) s’en déclarent « tout à fait satisfaites ». La pilule n’a la satisfaction complète que de 44% de ses utilisatrices, ce qui la place derrière le stérilet (57%) et l’implant (70%).

Plus globalement, cette relative insatisfaction de la pilule se couple avec de véritables critiques apportées à ce moyen de contraception : six femmes sur dix (60%) s’accordent à dire que la pilule est un moyen de contraception contraignant et près de huit sur dix (79%) reconnaissent qu’elle n’est pas sans danger et peut provoquer de graves problèmes de santé.

Entre les différentes raisons invoquées par les femmes déclarant avoir arrêté de prendre la pilule, on retrouve en premier l’aspect contraignant de la prise régulière de la pilule (23%) et ensuite les risques qu’elle représente sur la santé (20%) suivi de près par les effets secondaires sur la santé (19%). Au global, 38% des femmes ayant arrêté la pilule l’ont fait pour éviter les risques qu’elle peut avoir sur la santé. Ce sont principalement les femmes issues des catégories sociales supérieures qui avancent cet argument (54%, contre 22% parmi les femmes inactives). On notera également que les femmes se déclarant en surpoids sont 51% à avoir arrêté la pilule pour un motif de santé.

 

Les débats autour des effets secondaires de la pilule pousseraient près de quatre femmes sur dix la prenant actuellement à l’arrêter

41% des femmes prenant actuellement la pilule déclarent que les débats actuellement en cours sur ses effets secondaires seraient de nature à les inciter à arrêter de la prendre, dont 11% le feraient « certainement ». Ces débats sont d’ailleurs largement relayés chez les femmes car plus de huit sur dix (83%) déclarent en avoir entendu parler. Plus précisément, près d’une femme de 20 à 29 ans sur deux (49%) et 45% des femmes âgées de 30 à 39 ans déclarent que ces débats pourraient leur faire abandonner la pilule – on retrouve ici des catégories de population peut-être mieux informées sur la pilule via les réseaux sociaux et l’information sur internet notamment.

 

Arrêt de la pilule : quelles alternatives ?

Il a souvent été affirmé dans les débats autour de l’arrêt de la pilule que même si les femmes étaient insatisfaites de ce moyen de contraception, elles continueraient à la prendre faute d’alternative. Notre étude révèle que 23% des femmes prenant actuellement la pilule opteraient pour le préservatif, 21% pour le stérilet et 14% pour l’implant. Seules 7% des femmes choisiraient en remplacement une méthode de contraception traditionnelle comme le retrait avant éjaculation ou le suivi des périodes de risque de grossesse.

En se focalisant sur le stérilet comme alternative, on observe qu’il est davantage cité par les femmes les plus jeunes (24 à 26% avant 30 ans), les plus favorisées (31% des CSP+, 27% des professions intermédiaires… ainsi que les plus actives sexuellement (37% chez celles ayant en moyenne plus de trois rapports sexuels par semaine).

 

 

Le point de vue de l’Ifop

 

En conclusion, cette étude confirme un progressif délaissement de la pilule, délaissement qui s’inscrit dans le cadre d’un mouvement socio-politique plus large se retrouvant par exemple dans l’attitude face aux vaccins, de la nourriture industrielle ou même aux produits chimiques présents dans les cométiques. Et si cette défiance vis-à-vis des hormones n’empêche pas que la pilule reste un contraceptif à la fois très répandu et très satisfaisant, on mesure bien l’impact des débats en cours sur ses effets secondaires dans la disposition des femmes à se tourner vers des alternatives non hormonales comme le préservatif, le DIU au cuivre ou les méthodes traditionnelles.

 

François KRAUS / Paul CÉBILLE – Pôle « Genre, sexualités et santé sexuelle »

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Les résultats

Méthodologie de recueil

Échantillon de 1 084 femmes, représentatif de la population féminine âgée de 15 à 49 ans. La représentativité de l’échantillon de départ a été assurée par la méthode des quotas (âge, profession de la personne interviewée, statut marital) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne, du 26 au 29 juin 2018.

Votre interlocuteur

François Kraus Directeur du pôle Politique / Actualités - Opinion & Stratégies d'Entreprises

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