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Européennes 2019 : profil des électeurs et clefs du scrutin

Réalisé par Ifop-Fiducial pour Paris Match, CNEWS et Sud Radio, notre sondage du Jour du Vote conduit auprès de plus de 3 000 électeurs permet de mieux comprendre les déterminants du vote.

 

Un niveau de participation largement supérieur aux précédents scrutins

 

  • Le taux de participation en France métropolitaine (51%) s’établit à un niveau record depuis 1994 : le degré de mobilisation étant largement supérieur à ceux observés lors des précédents scrutins du même type (44,2% en 2014 et 41,3% en 2009). La sociologie de l’abstention met en relief les déterminants habituels de la participation politique tels que l’âge et le niveau social. Comme lors des scrutins précédents, c’est donc dans les catégories les plus âgées, les plus aisées et les plus diplômées de la population que la participation est la plus forte. A contrario, l’abstention (49%) demeure plus forte dans les rangs des jeunes de moins de 25 ans  (73%) et dans les catégories populaires (57%). De même, on note une plus forte démobilisation dans l’électorat de la gauche radicale (60% parmi les « Insoumis ») que chez les électeurs du centre ou de la droite : 38% chez les sympathisants LREM, 43% chez les sympathisants Les Républicains et 39% chez les sympathisants RN. C’est toutefois dans les rangs des électeurs n’exprimant aucune sympathie pour un parti politique (66%) que l’abstention atteint les seuils les plus élevés.

 

  • Le principal motif avancé par ces abstentionnistes pour expliquer leur non-participation au scrutin n’est plus le désintérêt pour les élections européennes (29%) comme en 2014 mais le sentiment que ces élections ne changeront rien à sa situation pour près d’un électeur sur deux (49%). Il se place ainsi loin devant l’intention de manifester leur mécontentement à l’égard des partis politiques (38%) ou de l’Union européenne (30%). Les autres facteurs explicatifs de l’abstention évoqués par les électeurs ne s’étant pas rendus aux urnes sont la méconnaissance des 34 listes et de leurs candidats (29% contre 10% en 2014) et le manque de différence entre les projets portés par ces listes (29% contre 8% en 2014). Enfin, 7% des abstentionnistes mettent en avant le fait qu’ils ne votent de toute façon jamais. Parmi les électeurs de Jean-Luc Mélenchon en 2017 (dont 50% déclarent s’être abstenus), 35% des abstentionnistes déclarent qu’ils ont boudé les urnes pour manifester leur mécontentement à l’égard des partis politiques et 47% car ils pensent que cela ne changera rien à leur situation.

 

Un Rassemblement National qui ancre son assise dans les milieux populaires

 

  • Avec un quart des suffrages exprimés (23,6%), la liste du Rassemblement National arrive largement en tête, devant la liste de LREM qui capte 22,6% des voix. Avec 13,1% des voix, la liste d’EELV conduite par Yannick Jadot crée la surprise et se hisse à la 3e place devant les Républicains, qui arrivent loin derrière avec leurs 8,1%, quelques points seulement devant la liste de Place Publique-Parti socialiste (6,2%) et celle de La France Insoumise (6,3%).

L’analyse sociologique du vote montre que la liste du Rassemblement National arrive en tête dans toutes les tranches d’âge intermédiaires – à l’exception donc des moins de 25 ans et des 65 ans et plus – mais aussi parmi les catégories populaires. En effet, avec le soutien de près d’un ouvrier sur deux (47%) et de près d’un employé sur trois (32%), le RN réaffirme son ancrage populaire mais ne réussit plus comme en 2014 à atteindre la classe moyenne comme les professions intermédiaires (15% contre 24% en 2014). Ces catégories se sont tournées pour le scrutin de 2019 principalement vers les écologistes (20%) et La République en Marche (18%).

Politiquement, la recomposition initiée en 2017 semble se poursuivre en 2019 et ne pas s’être encore décantée. A gauche, les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de Benoît Hamon se divisent entre les différentes listes de gauche aux européennes de 2019 : à peine 37% des électeurs Mélenchon ont voté pour la liste menée par Manon Aubry contre 17% pour la liste EELV et 13% pour le Parti communiste. Concernant le vote Benoît Hamon en 2017, l’équilibre des transferts de vote lui est encore plus défavorable car moins d’un cinquième (21%) de ses électeurs de 2017 se sont reportés sur sa candidature aux européennes contre 26% en direction des écologistes et 29% vers Place Publique et le Parti socialiste. Ce constat vaut aussi à droite où le score de la liste de François-Xavier Bellamy a lourdement souffert du départ de 15% de l’électorat Fillon vers la liste du Rassemblement national et 27% des électeurs Fillon en 2017 vers la liste de LREM. Cette dernière liste n’a elle-même pas réussi à rassembler la quasi-totalité de l’électorat d’Emmanuel Macron en 2017 (60%), témoignant d’un report d’un cinquième de ces électeurs vers la liste d’Europe Ecologie Les Verts menée par Yannick Jadot.

A contre-courant de cette dispersion des électorats, il est intéressant de relever la capacité du Rassemblement National à capter l’essentiel de l’électorat de Marine Le Pen à l’élection présidentielle de 2017 (85%), auquel s’est donc ajoutée une proportion non négligeable (15%) d’électeurs fillonistes de 2017 comme cité plus haut.

Vos interlocuteurs

Frédéric Dabi Directeur Général Adjoint - Directeur du pôle Opinion et Stratégies d'entreprise

Jérôme Fourquet Directeur du pôle Opinion & Stratégies d'Entreprises

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Résultats de l'étude

Méthodologie de recueil

L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 3 018 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d’un échantillon de 3 291 personnes, représentatif de la population résidant en France métropolitaine âgée de 18 ans et plus.
La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d'agglomération.
Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne le 26 mai 2019 de 12h00 à 18h00.

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