Engagement patriotique solidarité

En partenariat avec

Sondage

Les Français et l’engagement patriotique

Un peu plus de vingt ans après la suppression du service militaire et à la sortie d’une période d’émeutes ayant grandement mobilisé les forces de l’ordre, l’Ifop a interrogé les Français sur l’engagement patriotique pour Carac, La France Mutualiste et Mutuelle Epargne Retraite à l’occasion des 100 ans de la RMC/Retraite Mutualiste du Combattant. En ressortent une forte confiance dans les institutions régaliennes ainsi que le souhait majoritaire d’un retour au service militaire obligatoire, mais également de forts effets de générations.

1) Un large soutien aux institutions régaliennes malgré une jeunesse moins enthousiaste

  • Les Français possèdent une grande confiance dans les institutions régaliennes. Ainsi, la quasi-totalité de la population (97%) fait confiance aux pompiers, les deux tiers leur faisant même « tout à fait confiance » (69%). L’armée arrive en deuxième position : près de neuf Français sur dix ont confiance dans l’armée (89%, dont 41% « tout à fait »). Dans l’ensemble, il s’agit d’un léger recul depuis 2013 (-2 points) mais d’une progression à plus long terme depuis 2008 (+8 points). A noter également une confiance très consensuelle parmi les seniors (96% parmi les 65 ans et plus) tandis que les plus jeunes sont un peu en retrait (75% parmi les 18-24 ans).
  •  Après la mort du jeune Nahel et les émeutes consécutives à celle-ci, ainsi que le mouvement de protestation dans les commissariats succédant à
    la mise en détention provisoire d’un policier soupçonné d’avoir roué de coups un homme de 21 ans à Marseille, la police conserve la confiance des trois quarts de la population (75%, -1 point depuis 2008 soit une parfaite stabilité). La défiance envers elle est minoritaire parmi les sympathisants des partis de tous bords politiques à l’exception de ceux de la France insoumise (63% n’ont pas confiance dans la police dont 22% « pas du tout »). En outre, dans un contexte tendu autour de la gestion des manifestations depuis quelques années, un peu plus de la moitié des jeunes affirme ne pas avoir confiance dans la police (54% des 18-24 ans, dont 14% « pas du tout »). C’est également le cas de plus d’un tiers des 25-34 ans (34%) alors que leurs aînés, et tout particulièrement les seniors (12%), sont très peu dans ce cas. Quant à la gendarmerie, celle-ci bénéficie d’une confiance (85%) plus large encore que la police. Si elle n’est pas épargnée par les effets générationnels, ceux-ci sont de moindre importance : trois jeunes de 18-24 ans sur cinq ont confiance dans la gendarmerie (61%, contre 93% des 65 ans et plus).
  • L’adhésion à la création d’une armée européenne, nettement majoritaire (70% y sont favorables) s’élargit lentement parmi les Français (+5 points depuis 2011). On peut penser que le retour de la guerre aux portes du continent, avec le conflit en Ukraine, a renforcé et légitimé davantage le projet d’une armée européenne. Ce soutien est présent dans toutes les catégories de la population et spécialement parmi les Franciliens (77%) et les sympathisants des partis politiques les plus europhiles : Renaissance (87%), Europe Ecologie Les Verts (82%) mais aussi les Républicains (77%) et le Parti socialiste (76%). A l’inverse, les moins enthousiastes – mais tout de même à des niveaux majoritaires – sont sans surprise les proches des partis les plus hostiles à la construction européenne : Reconquête (54%) et le Rassemblement National (59%).

2) Une reconnaissance envers l’engagement patriotique largement répandue dans les esprits mais perçue comme insuffisante en pratique

  • Une nette majorité des Français (57%) considère que l’engagement dans les armées n’est pas suffisamment reconnu sur le plan symbolique et financier par les pouvoirs publics et la société (cette fois encore, 16% jugent même que ce n’est « pas du tout » le cas). Seul un quart (27%) estime suffisante la reconnaissance de l’engagement patriotique tandis que 16% ne savent pas. Sur ce plan également, les seniors sont les plus nombreux à se montrer critiques (65%) alors que les moins de 25 ans sont une minorité (41%) à considérer comme insuffisant le degré de reconnaissance entourant l’engagement patriotique. Sur ce point également, l’électorat d’Éric Zemmour est nettement le plus dans cette situation (80% d’entre eux considèrent cette reconnaissance comme insuffisante).
  • Concernant spécifiquement les anciens combattant, une personne sur deux (49%) estime qu’aujourd’hui en France les personnes qui ont servi dans l’armée ne sont pas suffisamment reconnues sur le plan symbolique et financier (16% estimant même que ce n’est « pas du tout » le cas). Seul un gros tiers estime cette reconnaissance suffisante (35%) tandis que 16% admettent leur méconnaissance du sujet. Les plus sévères sur ce point sont les électeurs d’Éric Zemmour de 2022 (66% jugeant insuffisante la reconnaissance des vétérans de l’armée) et les Français les plus âgés (58% des 65 ans et plus pensent ainsi) tandis que seuls un tiers des plus jeunes partagent ce constat (33% des 18-24
    ans).
  • Dans un contexte où l’engagement patriotique ne semble pas assez reconnu, les Français s’affichent comme individuellement
    reconnaissants vis-à-vis des personnes s’engageant dans l’armée (81% le sont, dont 33% « tout à fait »). Ici encore s’observent des effets générationnels : la reconnaissance envers l’engagement patriotique croît avec l’âge. Il concerne ainsi 87% des 65 ans et plus mais «seulement » les trois quarts des 18-24 ans (73%, soit quand même un score élevé). De même, ce sentiment de reconnaissance est transpartisan, et s’il est moindre parmi les sympathisants de la France insoumise, il est toutefois partagé par les deux tiers de ces derniers (65%).

3) L’engagement dans l’armée demeure une considération deux fois plus importante chez les hommes que parmi les femmes

  • Aujourd’hui, un quart (24%) des Français âgés de 30 ans ou moins pourrait envisager la possibilité de s’engager dans l’armée dans les prochaines années, dont 11% « certainement ». Ici, l’écart de genre est très marqué : les hommes sont proportionnellement plus de deux fois plus nombreux à se révéler disposés à s’engager (35%, dont 15% « certainement ») que les femmes (16%, dont 7% « certainement). On constate également un clivage en matière de niveau de diplôme : 25% des non diplômés ou des titulaires d’un BEPC pourraient « certainement » s’engager contre seulement 9% des titulaires d’un diplôme de second cycle.
  • La réserve opérationnelle, demandant une moindre disponibilité, attire davantage de velléités (28% des Français de 50 ans et moins pourraient envisager de s’y engager) mais avec une certitude d’engagement moindre (seuls 7% l’envisagent « certainement »). Là aussi, les différences d’intérêt selon le genre sont importantes : plus d’un tiers des hommes de 50 ans et moins considèrent l’opportunité d’un tel engagement (35%, dont 11% « certainement ») alors que ce n’est le cas que d’un cinquième des femmes concernées (21%, dont 3% « certainement »). A noter également qu’un tel engagement suscite surtout l’intérêt des plus jeunes (37% des 18-24 ans contre 23% des 35 50 ans). Les ouvriers font également partie des plus intéressés (33% pouvant envisager de s’engager, dont 11% « certainement »), contre seulement 24% des cadres et des professions intellectuelles (dont 6% « certainement »).

4) La plupart des Français regrettent le service militaire obligatoire… à l’exception de la tranche d’âge qui serait potentiellement concernée

  • 23 ans après que les derniers appelés aient quitté les casernes, les deux tiers des Français (66%) regrettent la suppression du service militaire obligatoire, une proportion qui augmente doucement mais continûment depuis 2006 (+7 points). Toutefois, ce regret ne s’observe pas parmi la majorité de la tranche d’âge qui serait aujourd’hui en âge de le réaliser : seuls 27% des 18-24 ans regrettent la suppression du service militaire. A l’inverse, plus les Français sont âgés, plus ils regrettent le service militaire obligatoire (c’est ainsi le cas de 81% des 65 ans et plus). Les plus diplômés (50%) et les habitants de l’agglomération parisienne (49%) font partie des catégories regrettant le moins le service militaire obligatoire, au même titre que les sympathisants du parti socialiste (52%) et surtout ceux de la France insoumise (34%). A l’inverse, les sympathisants des Républicains (89%) sont ceux qui regrettent le plus le service militaire obligatoire, devant ceux du Rassemblement National (80%) et de Renaissance (75%).
  • Interrogés sur le SNU, près des deux tiers des Français (64%) pensent que le Service National Universel devrait être obligatoire, contre 27% estimant qu’il devrait être basé sur le volontariat (comme pratiqué aujourd’hui) et 9% sans opinion. Cependant, encore une fois, seule une minorité des plus jeunes est favorable à un tel service obligatoire (26%, contre 54% de partisans du volontariat), ce qui les oppose à leur aînés (78% de partisans de l’obligation parmi les 65 ans et plus). Les Franciliens (58%) et surtout les proches de la France insoumise (35%) sont les moins adeptes de l’obligation, lesquels sont cette fois encore bien plus nombreux parmi ceux des Républicains (81%), du Rassemblement national (74%) ou de Renaissance (71%).

 

Document à télécharger

Les résultats

Méthodologie de recueil

L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1 004 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d'agglomération.
Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 4 au 5 septembre 2023.

Vos interlocuteurs

Jérôme Fourquet Directeur du pôle Opinion & Stratégies d'Entreprises

Gautier Jardon Chargé d’études – Département Opinion et Stratégies d’Entreprise

Engagement patriotique solidarité

Document à télécharger

Les résultats

Méthodologie de recueil

L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1 004 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d'agglomération.
Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 4 au 5 septembre 2023.

publications associées

Pour télécharger ce document, veuillez remplir le formulaire ci-dessous :
  • votre adresse mail professionnelle, si applicable
  • Si applicable
  • Hidden
  • Les données que vous nous communiquez dans ce formulaire seront traitées et conservées uniquement afin de répondre à votre demande et de conserver une preuve du traitement de celle-ci. En savoir plus sur la gestion de vos données et vos droits. https://www.ifop.com/politique-de-confidentialite/
    Nous serons ravis de garder le contact avec vous et vous invitons à vous abonner à nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Inscription newsletter

Retrouvez toute l’actualité d’IFOP – nos publications à la une, à ne pas manquer et pleins d’autres… - dans notre newsletter mensuel envoyé chaque fin de mois.

Déposez
votre brief

S'inscrire à notre newsletter

Consultez nos précédentes éditions

Recent Posts

Top Categories