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Le rapport des Français à l’Islam, à la laïcité et à la menace terroriste

A quelques semaines des élections présidentielles, l’IFOP a mené pour ELNET France une étude interrogeant les Français sur leur rapport à l’Islam, à la laïcité et à la menace terroriste. Ces thématiques sont en effet au cœur des discours de certains candidats à l’élection présidentielle comme Éric Zemmour et Marine Le Pen, mais également sources de nombreux clivages au sein de la société plus largement, en raison des cicatrices laissés depuis les attentats commis par Mohammed Merah il y a maintenant dix ans, puis ceux de 2015, et plus récemment les assassinats du Père Hamel et de Samuel Paty.

 

 

  • Les Français évaluent toujours très majoritairement la menace terroriste comme élevée (79%, dont 27% « très élevée »). Toutefois, en dépit (ou peut-être en raison) de la multiplication des attentats islamistes, ces dernières années semblent s’être accompagnées d’une sorte d’accoutumance, et sont par conséquent presque appréhendé comme des « faits divers » émergeant de manière ponctuelle au sein du paysage politicomédiatique. Le nombre de victimes, heureusement peu élevé à chaque attaque, vient renforcer la « fait-diverisation » du phénomène. Ainsi, l’évaluation de la menace décroît sur le plus long terme depuis les attentats de novembre 2015, son point culminant (68% des Français évaluaient alors la menace terroriste comme « très élevée ») et aujourd’hui (-51 pts). Suite à certains attentats plus violents ce sentiment a connu des recrudescences ponctuelles, comme après les attentats de Nice et Saint-Etienne-du-Rouvray (65%) et plus récemment l’assassinat de Samuel Paty (51%). A noter que cette perception de la menace terroriste dépend fortement du positionnement politique des personnes interrogées. En effet, près de la moitié des sympathisants Reconquête (45%) et Rassemblement national (56%) considèrent toujours comme « très élevée » la menace terroriste islamiste dans notre pays. A l’inverse, les proches de la France Insoumise (14%), du Parti socialiste (21%), d’EELV (18%) et LREM (17%) semblent davantage relativiser cette menace.

 

 

  • L’islamisme est perçu comme un danger pour la République par plus des trois-quarts des Français (77%), un niveau qui croît avec l’âge (53% chez les 18-25 ans et 90% chez les 65 ans et plus). Pour autant, ce danger que représente l’islamisme pour la République est perçu comme sous-estimé par les différents acteurs, majoritairement par le personnel politique (52%), le Gouvernement (51%), mais également par les médias (45%) et dans une moindre mesure par les services de police et de renseignement (41%).

 

 

  • Il est alors intéressant de noter que la loi adoptée en août 2021, destinée à conforter le respect des principes de la République, rassure. Un Français sur deux (51%) estime que cette loi, couplée aux mesures de fermetures de mosquées radicales et d’associations islamistes, est susceptible de faire reculer la menace terroriste en France. De manière plus générale, l’opinion se positionne significativement en faveur de l’exercice de pouvoirs régaliens de l’Etat supplémentaires pour garantir ses principes républicains. Ainsi, deux Français sur trois (68%) se positionnent en faveur d’une interdiction des associations salafistes et les frères musulmans en raison des risques de fracturation de la société que leur existence sur le territoire ferait encourir, bien que cela puisse constituer dans les faits une entrave à la liberté d’expression. Cette attente envers une plus forte intervention de l’Etat coïncide avec le souhait de près de la moitié des Français (46%) de pérenniser le modèle universaliste laïc Français actuel, qui ne reconnaît qu’une communauté, par opposition à son évolution vers un modèle plus multiculturaliste à l’anglosaxonne et qui revendique l’existence d’une juxtaposition de communautés (soutenu par 19% des personnes interrogées). Un Français sur trois (35%) ne se positionne cependant en faveur d’aucun de ces deux modèles.

 

 

  • Malgré les virulents débats sur l’amalgame entre Islam et islamisme renaissant après chaque attentat, une nette majorité de Français déclare qu’il existe une distinction claire entre les musulmans les plus radicaux et ceux qui pratiquent paisiblement l’Islam (79%). Cependant, ce point de vue, est sensiblement mois partagé par les sympathisants de Reconquête (56%) et du Rassemblement National (57%).

 

 

  • Dans ce contexte, les musulmans qui font entendre leurs voix contre le radicalisme sont jugés comme n’étant pas assez soutenus. Cette considération est exprimée de manière significative au sein de l’opinion, dans la mesure où elle exprimée comme un tort provenant aussi bien de la part des médias (70%) que du personnel politique (69%) et du Gouvernement (66%).

 

 

  • D’un point de vue politique, cette thématique se place au cœur des préoccupations électorales. En effet, plus de la moitié des Français (53%) considèrent que les candidats à l’élection et les médias n’abordent pas suffisamment les questions liées à la lutte contre l’islamisme. Les Français qui partagent le plus cet avis sont les sympathisants de Reconquête (78%), du Rassemblement national (73%) et des Républicains (68%), a contrario des sympathisants France Insoumise (42%), du Parti socialiste (41%) et d’EELV (41%). Dans le détail, ce sont en Marine Le Pen (48%), puis Emmanuel Macron (44%) que les Français expriment le plus de confiance en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme et l’islamisme (une confiance qui n’en demeure pas moins minoritaire). Les trois-quarts (76%) n’ont en revanche pas confiance dans Jean-Luc Mélenchon pour lutter contre le terrorisme et l’islamisme. Ce dernier est également perçu comme le candidat à l’élection présidentielle plus complaisante avec l’islamisme (cité par un quart des Français : 25%), devant l’ex-candidate Christiane Taubira (9%) et le président sortant Emmanuel Macron (8%). A noter que deux Français sur cinq (39%) estiment qu’aucun des candidats n’est complaisait avec l’islamisme.

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Les résultats

Méthodologie de recueil

L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1 007 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d'agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 1er au 2 mars 2022.

Vos interlocuteurs

Jérôme Fourquet Directeur du pôle Opinion & Stratégies d'Entreprises

Gautier Jardon Chargé d’études – Département Opinion et Stratégies d’Entreprise

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