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Les Français face à la question de l’islamisme et du communautarisme islamique à l’heure de la campagne présidentielle

Dans le cadre d’une grande enquête auprès de 3 000 personnes que l’Ifop a menée pour Ecran de Veille, les Français ont été amenés à se prononcer sur les propositions des candidats à l’élection présidentielle en matière de lutte contre l’islamisme, la radicalisation et plus largement les rapports entre l’Etat et les religions. Il en ressort que cette thématique, largement présente dans l’espace médiatique, ne laisse pas les Français insensibles. De forts clivages apparaissent, mettant en exergue une certaine polarisation politique, entre ceux percevant l’islamisme comme un danger et ceux au contraire ne le percevant pas comme tel. Des déterminants sociaux, culturels et politiques apparaissent comme jouant un rôle central dans les opinions et perceptions des Français sur le sujet.

 

1 – Pour les Français, peut-on porter le voile en France sur un terrain de football ?

 

Sur cette épineuse question opposant la Fédération française de football et le collectif des “Hijabeuses” depuis des mois, force est de constater que l’opinion penche plutôt en faveur des sénateurs de droite qui ont récemment proposé d’imposer la neutralité religieuse dans les compétitions organisées par les fédérations : 69% des Français souhaitent l’interdiction du port de signes religieux ostensibles lors d’événements sportifs, dont la plupart des potentiel électeurs d’Éric Zemmour (92%), de Marine Le Pen (82%) ou de Valérie Pécresse (81%). Toutefois, ce projet d’interdiction s’attire aussi des faveurs dans les rangs de la gauche et du centre si l’on en juge par la forte proportion de personnes qui soutiennent cette interdiction parmi les électeurs Roussel (78%), Mélenchon (54%) ou Jadot (57%) ou Macron (76%). De même, on note que près d’un quart des musulmans y sont aussi favorables (24%), signe que tous les musulmans ne perçoivent pas cette interdiction comme une forme de « musulmanophobie ».

 

 

2 – L’opinion soutient-elle les propositions des candidats souhaitant imposer une neutralité religieuse totale dans l’espace public ?

 

Les propositions des candidats de droite ou d’extrême-droite qui souhaitent imposer une neutralité religieuse dans l’espace public ou les services publics sont également soutenues par les Français même si leurs avis sont plus clivés politiquement. Ainsi, la proposition d’Éric Zemmour et de Marine Le Pen d’interdire le port de tenues ou de signes religieux ostentatoires dans la rue et l’espace public est approuvée par 57% des Français. Et ils sont à peu près aussi nombreux à vouloir – comme Valérie Pécresse – qu’une amende soit infligée aux parents de filles de moins de 15 ans voilées (60%) ou qu’une loi interdise le port du burkini dans tous les espaces de baignade (62%). Cependant, des mesures proposées par les candidats de gauche comme Jean-Luc Mélenchon ou Fabien Roussel sont également soutenues par les électeurs telles que l’abrogation du Concordat (64%) ou tout financement d’édifices religieux (63%).

 

3 – Déchéance de nationalité, expulsion des fichiers S, interdiction des frères musulmans… Un soutien massif à toutes les propositions – même les plus extrêmes – de lutte contre la radicalisation

 

Toutes les propositions émises par les candidats pour lutter contre la radicalisation sont massivement soutenues : 90% des personnes interrogées sont favorables comme le propose Valérie Pécresse à l’expulsion des étrangers inscrits dans les fichiers de l’antiterrorisme (mais seulement 73% des musulmans) ; 87% sont favorables, comme le réclame Nicolas Dupont-Aignan, à systématiser la déchéance de nationalité pour tout binational reconnu coupable d’actes de terrorisme (69% des musulmans). Enfin, 87% des Français veulent renforcer la présence des services publics dans les quartiers les plus touchés par la radicalisation (72% des musulmans), comme le suggère Yannick Jadot.

 

4 – Eric Zemmour ne s’impose que timidement comme le candidat le plus crédible en matière de lutte contre l’islamisme…

 

Pour lutter contre l’islamisme, Éric Zemmour, qui en a fait son cheval de bataille depuis plusieurs années déjà, est considéré comme le plus crédible (30%) parmi les candidats à la magistrature suprême, tout comme dans la lutte contre les replis communautaristes et identitaires (20%), mais Marine Le Pen bénéficie d’un score quasi identique (19%) dans ce domaine. Et pour défendre la laïcité, c’est Emmanuel Macron qui est le plus souvent cité, à 19%. Autrefois largement dominé par le Front puis Rassemblement national, Éric Zemmour a réussi à prendre par sa droite le parti nationaliste sur les sujets identitaires liés à l’Islam. Cependant, ces questions ne semblent pas constituer un socle électoral suffisamment puissant pour porter une candidature à l’élection présidentielle comme nous allons le voir.

 

5 – Mais la lutte contre l’islamisme reste un enjeu secondaire de la campagne électorale…

 

La lutte contre l’islamisme est toutefois loin d’être un enjeu déterminant majeur pour le vote des Français à l’élection présidentielle. Si cela sera certes le cas pour 35% des inscrits sur les listes électorales, cette thématique est moins fréquemment citée que d’autres comme la santé (74%), la lutte contre l’insécurité (71%), ou bien la lutte contre le racisme (42%). Ce sujet, n’est donc pas anodin, mais loin d’être la préoccupation première au moment de glisser le bulletin dans l’urne. Sans surprise, ce sont les électeurs Le Pen (60%) et Zemmour (73%) qui citent le plus cet enjeu, deux candidats qui mettent en exergue ce thème dans leurs interventions publiques et médiatiques. Ainsi, s’ils sont largement soutenus par leur base respective sur cette thématique, cela pourrait ne pas être suffisant pour leur permettre de remporter l’élection, d’autres éléments forts devant dont être mobilisés pour que de nouveaux électeurs décident de voter pour eux.

 

6 – Une place mesurée de l’islam dans les débats de la campagne présidentielle

 

En ce qui concerne la place de l’islam dans les débats de la campagne présidentielle, les Français se montrent polarisés : 29% estiment que ce sujet n’est pas assez évoqué, tandis que pour 27% il est trop présent. Pour cette seconde catégorie, des différences socio-démographiques majeures apparaissent : 33% des 18-24 ans le pensent, contre 25% des 65 ans et plus, 37% des Parisiens contre 21% des ruraux, 62% des musulmans contre 21% des catholiques, 51% des électeurs Mélenchon contre 7% des électeurs Zemmour. La perception de cette confession n’est donc pas de l’ordre de l’inné mais incarné par divers facteurs sociaux, culturels et politiques qui définissent les électorats. Les électeurs de la droite radicale, électorat ayant pour sujet récurrent le thème de l’Islam, sont 52% à trouver que cela n’est pas assez évoqué, alors même que les candidats de ce bord s’expriment très régulièrement sur cette thématique. C’est un indicateur fort de l’importance de ce sujet pour cette frange du corps électoral.

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Les résultats

Méthodologie de recueil

L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 3 007 personnes âgées de 18 ans et plus, représentatif de la population de France métropolitaine.
La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas au regard
- De critères sociodémographiques : sexe, âge de l’individu,
statut marital,
- De critères socioprofessionnels : profession de l’individu
- De critères géographiques : région et taille de l’unité urbaine
de la commune résidence
Ces quotas ont été définis à partir des données de l’INSEE pour la population âgée de 18 à 24 ans résidant en métropole (Recensement principal 2017)
Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto administré en ligne du 22 au 28 février 2022

Vos interlocuteurs

François Kraus Directeur du pôle Politique / Actualités - Opinion & Stratégies d'Entreprises

Paul Cébille Chargé d’études - Opinion et Stratégies d’Entreprise

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L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 3 007 personnes âgées de 18 ans et plus, représentatif de la population de France métropolitaine.
La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas au regard
- De critères sociodémographiques : sexe, âge de l’individu,
statut marital,
- De critères socioprofessionnels : profession de l’individu
- De critères géographiques : région et taille de l’unité urbaine
de la commune résidence
Ces quotas ont été définis à partir des données de l’INSEE pour la population âgée de 18 à 24 ans résidant en métropole (Recensement principal 2017)
Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto administré en ligne du 22 au 28 février 2022

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