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OBSERVATOIRE REBOOT DE L’INFORMATION ET DU RAISONNEMENT CRITIQUE – Désinformation et populisme à l’heure de la crise sanitaire et de la guerre en Ukraine

Entre antivaccins et pro-Kremlin… Le grand basculement des complotistes

 

A l’heure où la guerre de l’information fait rage entre l’Union Européenne et la Russie, combien de Français ont adopté les éléments de langage du Kremlin sur les origines de la guerre en Ukraine ? Observe-t-on une porosité entre les Français en phase avec le récit poutinien sur l’Ukraine et les « covido-sceptiques » sensibles aux discours complotistes sur les vaccins contre le Covid-19 ? Les électeurs les plus imprégnés de ces narratifs complotistes et autres discours irrationnels (ex : spiritisme) sont-ils particulièrement sensibles aux sirènes des candidats populistes ? A l’occasion de la « Semaine de la presse et des médias dans l’École » qui vise notamment à former au jugement critique, la Fondation Reboot publie une enquête de l’Ifop sur l’impact que la propagande russe et les diverses thèses complotistes (ex : vaccins, 5G..) peuvent avoir dans l’opinion publique à un mois de l’élection présidentielle. Réalisée auprès d’un échantillon de 2 007 Français, cette enquête montre qu’en dépit des alertes des médias ou des autorités, les Français sont loin d’être imperméables à la désinformation ou aux discours complotistes. Engagement politique, âge, mode d’information… Les variables qui jouent en la matière sont nombreuses et interrogent sur la capacité des Français à faire preuve d’esprit critique.

 

LES CHIFFRES CLÉS

 

Des Français loin d’être imperméables au récit poutinien sur les origines de la guerre en Ukraine

 

1. Plus d’un Français sur deux (52%) croient a au moins une des thèses russes sur les origines de la guerre en Ukraine comme, par exemple, l’affirmation selon laquelle son gouvernement serait une « junte infiltrée par des mouvements néonazis » (10%), l’idée selon laquelle l’intervention militaire russe y serait « justifiée » au nom de la sécurité de la Russie (22%) ou encore la thèse selon laquelle son action y serait soutenue par des russophones victimes de « discriminations et d’agressions de la part des autorités ukrainiennes » (23%).

 

2. La récente décision d’interdire en France des médias russes comme Spoutnik ou RT au nom du fait qu’ils servaient aux actions de propagande russe est loin de susciter l’unanimité : plus d’un Français sur trois (34%) la désapprouvent, les plus ardents opposants à cette interdiction étant surreprésentés dans les rangs des électeurs des candidats – comme ceux d’Eric Zemmour (53%) et de Jean-Luc Mélenchon (47%) – qui ont longtemps relativisé la responsabilité russe dans cette crise tout en rejetant la faute de ces tensions sur l’OTAN.

 

La guerre de l’information menée par le Kremlin bénéficie d’un contexte de brouillard informationnel « post-covid » des plus propices à l’essor des théories complotistes

 

3. De manière générale, plus d’un Français sur trois (35%) admet aujourd’hui « croire aux théories du complot ». Ce chiffre d’ensemble masque toutefois de fortes différences en fonction du niveau socio-culturel, des affinités politiques ou des modes d’information des individus. Ainsi, les « complotistes » sont majoritaires chez les électeurs Lepénistes (51%) et les Français s’informant principalement via les réseaux sociaux (53%) ou les sites de vidéos en ligne (57%) tout en étant particulièrement nombreux chez les ouvriers (49%) et les non diplômés (47%).

 

4. Ce nombre élevé tient au succès rencontré ces derniers mois par les thèses « anti-vax » si l’on en juge par la proportion de Français (33%) qui croient à une des théories actuellement en vogue contre les vaccins comme, par exemple, l’affirmation selon laquelle ces vaccins ont causé des dizaines de milliers de morts (19%), des maladies dégénératives (19%) ou des formes d’infertilité (16%). Un Français sur dix croit aussi que ces vaccins « empêchent les vaccinés de faire un don de leur sang » (12%) ou « contiennent des nanopuces électroniques » permettant de les pister grâce à la 5G (9%).

 

Dans un contexte favorable à la montée des croyances irrationnelles, une part de l’opinion bascule d’un complotisme sanitaire à la défense de la ligne Poutine sur la crise ukrainienne

 

5. Symptomatique du basculement d’un complotisme sanitaire vers la propagande du Kremlin observé chez certains influenceurs (ex : Booba), un quart des Français (25%) croit à la fois à au moins une des théories antivaccins et à au moins un des arguments justifiant l’invasion russe en Ukraine. Cette porosité entre les deux univers transparait aussi dans un autre chiffre : 71% des « anti-vax » croient au récit poutinien sur l’Ukraine alors que l’adhésion à la propagande russe est beaucoup plus faible (43%) chez les Français ne croyant à aucune de ces théories contre les vaccins.

 

6. Enfin, l’enquête confirme un fait déjà observé dans de précédentes enquêtes (ex : Ifop/ Conspiracywatch), à savoir que les croyances irrationnelles comme le spiritisme et le paranormal font le lit des idées complotisme. Alors qu’une majorité de Français (59%) croient aujourd’hui à au moins une forme de superstition – dont 27% à la sorcellerie, 29% à la voyance ou 33% au mauvais œil –, le nombre de complotistes s’avère en effet trois fois plus élevé parmi les adeptes de ces croyances irrationnelles (49%) que chez les Français ne croyant à aucune formes de spiritisme/paranormal (13%).

 

 

Le point de vue d’Helen Lee Bouygues de la Fondation Reboot :

 

« On ne peut que déplorer la rapidité avec laquelle la propagande russe s’est propagée, que ce soit via son discours officiel ou les stratégies de désinformation menées par la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine. Cela tient sans doute beaucoup à l’usage des médias sociaux et des messageries cryptées pour s’informer comme nous pouvons le constater avec Telegram sur ce cas précis. Sans éducation au raisonnement critique, les résultats sont dévastateurs puisque plus d’un Français sur deux croient à au moins une des cinq justifications utilisées par V. Poutine pour envahir l’Ukraine. L’enjeu pour les pouvoirs publics est de développer dès le plus jeune les capacités de nos enfants pour vérifier les sources et comparer les points de vue pour se forger une opinion au plus près des faits. Dans le cadre de la semaine des médias qui a lieu cette semaine en France, cela passe par l’éducation aux médias. Mais les parents peuvent aussi initier leurs enfants aux étapes de la pensée critique grâce à des guides qui ont été réalisés sur la base d’études et de recherche pluridisciplinaire. D’une manière générale, cela m’inspire trois conseils : questionner les idées reçues, raisonner avec logique et diversifier les points de vue ! »

Documents à télécharger

Infographie Les résultats

Méthodologie de recueil

L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 2 007 personnes âgées de 18 ans et plus, représentatif de la population de France métropolitaine.
La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas au regard :
▪ De critères sociodémographiques : sexe, âge de l’individu,
statut marital,
▪ De critères socioprofessionnels : profession de l’individu
▪ De critères géographiques : région et taille de l’unité urbaine
de la commune résidence
Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 4 au 8 mars 2022

Vos interlocuteurs

François Kraus Directeur du pôle Politique / Actualités - Opinion & Stratégies d'Entreprises

Paul Cébille Chargé d’études - Opinion et Stratégies d’Entreprise

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statut marital,
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