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Dossier spécial

Etat des lieux de la vie sexuelle et affective des Français durant le confinement

Depuis le début du confinement annoncé en mars dernier, les Français ont été contraints de revoir leurs habitudes, qu’il s’agisse des règles sanitaires, de l’hygiène corporelle ou encore au niveau de leur vie de couple ! En effet, nombreux sont ceux qui expérimentent pour la première fois une cohabitation totale et permanente avec leur conjoint et/ou d’autres membres de leur famille. Une promiscuité qui peut avoir un impact sur l’activité sexuelle et sur l’intimité des Français. Charles.co s’associe une nouvelle fois au pôle santé sexuelle de l’Ifop afin de réaliser une enquête sur un échantillon de taille conséquente (3 045 personnes âgées de 18 ans et plus), faisant état des lieux précis de l’impact du confinement sur la vie et l’épanouissement sexuelle et affective des Français confinés. Notamment en offrant la possibilité d’analyser les résultats des personnes confinées seules et en couple.

 

Une baisse de l’activité et de l’épanouissement sexuel des Français

 

Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, le confinement des Français n’a pas favorisé une intensification de leur activité sexuelle dans la mesure où l’on observe une chute significative de celle-ci, aussi bien chez les personnes célibataires, que celles en couple.

 

La proportion de Français n’ayant pas eu de rapport sexuel au cours du dernier mois (44%) s’avère ainsi presque deux fois plus élevée qu’à l’accoutumée (26%), sachant que si cette baisse de l’activité sexuelle affecte avant tout les célibataires (-31 points), elle touche également les personnes en couple confinées sous le même toit (-11 points).

 

Cette baisse de l’activité sexuelle va de pair avec un sentiment de satisfaction à l’égard de sa vie sexuelle à la fois moins large et moins intense : chez les personnes en couple, la proportion de personnes très satisfaites perd 7 points entre l’avant et l’après confinement !

 

Plus logiquement, ce sentiment diminue aussi de manière significative chez les célibataires (-14 points). Ceci s’explique notamment par le manque d’accès à d’autres partenaires potentiels, provoquant sans doute un sentiment de frustration accru. Pour les personnes en couple, c’est principalement le stress lié à la situation générale et les conditions du confinement telles que l’absence d’intimité, la forte promiscuité, ou encore la présence constante du partenaire qui peuvent expliquer cette baisse d’activité.

 

En ce qui concerne l’idée reçue de l’explosion de la vente de Sextoys et la consommation de films pornographiques pendant le confinement, on observe une réalité plus nuancée : les activités masturbatoires restent présentes mais sont loin de concerner l’ensemble des Français, puisqu’elles restent des pratiques encore très prisées par la gent masculine, mais sont également influencées par la présence ou non d’un partenaire au sein du foyer. La promiscuité constante avec son conjoint ou d’autres membres de sa famille causée par le confinement réduit ainsi les moments d’intimité pouvant laisser libre court à ces plaisirs solitaires.

 

On observe également que les conditions de vie imposées par le confinement ont créé un niveau d’anxiété, de stress, de trouble du sommeil ou de tension au sein du foyer (enfants, tâches ménagères, perte d’emploi…), pouvant également avoir un impact négatif sur la libido des Français.

 

Cette condition de stress liée à la situation actuelle a ainsi créé une logique de demande de réconfort qui est plus de l’ordre affectif que sexuel. Notamment chez les femmes, qui déclarent majoritairement avoir eu très peu de pulsions sexuelles ou avoir envie de faire l’amour depuis le début du confinement. Ceci conduit notamment certaines femmes à pratiquer l’acte sexuel alors qu’elles n’en ont pas forcément envie (12%) : l’idée de faire l’amour pour faire plaisir à son partenaire a été renforcée (+7 points par rapport à 2014). Dans la situation de stress et d’anxiété généralisée, les Français voient ainsi le sexe comme un moyen de réconfort ou encore comme un moyen de consolider le couple dans un contexte où il peut être fragilisé par le confinement.

 

Enfin on observe également que la disponibilité immédiate du partenaire n’accroit pas forcément les rapports, dans la mesure où la promiscuité permanente est particulièrement propice aux conflits conjugaux : tâches ménagères, présence des enfants, absence de moments privilégiés… autant de facteurs qui réduisent les moments privilégiés offrant le plaisir de se retrouver dans le cocon conjugal.

 

 

Entre transgression et digitalisation des échanges des Français durant le confinement

 

Le confinement engendre des frustrations aussi bien chez les personnes en couple que les célibataires, qui se traduisent par différentes formes de transgression. Si chez les célibataires, il est plutôt question de transgresser les mesures imposées par les pouvoirs publics, chez les personnes en couple, c’est plutôt le principe d’exclusivité sexuelle dans le couple qui est parfois remis en cause : 5% des personnes en couple avouent avoir eu des échanges virtuels avec quelqu’un d’autre que leur conjoint !

 

Le huis clos imposé par le confinement, restreignant les contacts physiques, a également favorisé une numérisation croissante de la vie sexuelle des Français. On observe ainsi une explosion de la pratique du sexting en l’espace de deux mois, notamment chez les jeunes pour qui la proportion de personnes ayant échangé un mail/SMS coquin est passé de 50% à 62% en l’espace de deux mois. Il en est de même pour l’échange de dick pics qui ont explosés : 18% en février contre 27% en avril.

 

Au total, un tiers des Français avouent tout de même avoir transgressé au moins une fois le confinement pour des motifs familiaux, amicaux ou sexuels : parmi eux, 6% ont transgressé le confinement pour retrouver un partenaire sexuel. Une proportion qui s’élève à 25% chez les personnes en couple qui ne sont pas confinés avec leur partenaire.

 

En ce qui concerne la sociabilité des personnes confinées seules : plus d’un quart des jeunes célibataires de moins de 35 ans a déjà fixé un rendez-vous avec un potentiel partenaire pour avoir des relations sexuelles lorsque le confinement sera levé, sachant que cette proportion monte à 43% chez les personnes en couple n’étant pas confinées avec leur partenaire.

 

De la pause à la rupture… le confinement a un impact négatif pour un couple sur dix

 

Si le confinement n’a pas eu d’impact sur la relation conjugale de la majorité (60%) des couples, certains trouvent toutefois que cela les a rapprochés (30%), et d’autres que cela les a éloignés (1 sur 10). Un éloignement particulièrement accentué chez les jeunes couples, qui, pour la plupart, vivent leur première expérience de vie conjugale constante et intense.

Certains en arrivent même au point de non-retour puisque 11% des Français souhaitent prendre des distances avec leur partenaire à l’issue de la période de confinement, et 4% souhaitent même rompre de manière définitive !

 

Fort heureusement, le confinement n’a pas eu de réel impact négatif sur les couples Français, puisque 88% des personnes qui ont été confinés sous le même toit repartiraient avec le/la même partenaire en cas de renouvellement de la période de confinement.

 

Ombre au tableau, une personne en couple sur dix ne souhaiterait tout de même pas être confiné avec le même partenaire : 8% préférant même être seuls.

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Les résultats L'infographie

Méthodologie de recueil

L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 3 045 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d'agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 24 au 27 avril 2020

Votre interlocuteur

François Kraus Directeur du pôle Politique / Actualités - Opinion & Stratégies d'Entreprises

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