Entretien 10/03/2020

“Notre pays a les moyens et l’accord des Français pour accélérer la transition énergétique”

Alexis De Deken est Chef de Projets Développement grandes centrales au sol et ombrières de Photosol, société spécialisée depuis sa création en 2008 dans le développement, la construction, le financement et l’exploitation de projets photovoltaïques. Il revient pour nous sur les résultats d’une enquête menée avec l’Ifop sur la notoriété du photovoltaïque et l’attitude des Français à son égard dans le cadre de la transition énergétique.

 

Pouvez-vous vous présenter et nous indiquer les raisons qui vous ont poussé à faire réaliser cette étude ?

 

Le développement du photovoltaïque existant depuis plus de 10 ans maintenant, nous voulions actualiser la vision des français sur cette énergie et le déploiement des centrales au sol, qui progressivement rentre dans leur quotidien. Nous voulions mesurer le degré d’information/de désinformation ; où cet état des lieux nous paraît d’autant plus opportun pour nos discussions et rapports avec les différents services de l’État, les élus et associations afin de favoriser et d’accélérer le cas échéant, le déploiement de cette énergie propre. Le lien que nous entretenons donc avec l’Etat est essentiel pour qu’in fine, les projets soient les plus acceptés par la population locale.

 

Nous avons principalement cherché à savoir :

– La connaissance qu’ont les Français de cette énergie, et cela sur de nombreux points (recyclage, coût d’exploitation, perception visuelle, quid de l’imperméabilisation des sols, etc.),

– L’adhésion de ces projets par les Français au sein de leur commune, et suivant le type de terrain concerné ; comprenant les terrains agricoles (agrivoltaïsme),

– Les raisons de ces désinformations (volonté de visiter des centrales PV, participation aux enquêtes publiques, etc.).

 

 

86% des Français ont une bonne image du PV et 78% des Français affirment être favorables à l’installation d’un parc photovoltaïque au sol au sein de leur commune. Quels sont les autres enseignements que vous tirez de cette étude ?

 

En toute franchise, nous n’aurions jamais pu anticiper de tels résultats. Les enseignements de ce sondage sont très nombreux.

 

Ces résultats sont un vecteur clair, que notre pays a les moyens et l’accord des Français pour accélérer la transition énergétique engagée dans le cadre de la Programmation Pluriannuelle de l’énergie (PPE). L’enjeu est de taille quand, jour après jour, l’actualité ne fait que nous rappeler les risques encourues si nous ne respectons pas nos engagements énergétiques et notre façon de consommer. La PPE ambitionne des objectifs de 20 GW en 2023 et 35 à 44 GW en 2028 (pour ainsi dire demain). Là où le parc PV raccordé en 10 ans n’est que de 9,43 GW. Si nous maintenons le rythme de déploiement actuel (+ 0,9 GW / an), les objectifs ne pourront être atteint. Le rythme doit ainsi être triplé, et ce, malgré la présence de plus d’une vingtaine d’acteurs spécialisés dans le développement PV sur le territoire.

 

Ce sondage nous a révélé une très bonne acceptabilité partout et encore plus – à notre grande surprise – dans les zones abritant déjà des installations. De plus, 75% des sondés sont favorables à l’implantation sur des friches agricoles non exploitées et ayant remarqué des projets de parc au sol sur leur commune ; où 80% seraient favorables en cas de mixité d’usage (agrivoltaïsme), malgré une connaissance limitée du sujet. Ces pourcentages sont bien plus élevés que ce à quoi nous nous attendions.

Résultats très important, car cela démontre que des projets de grandes tailles peuvent ainsi être implantés sur des terres agricoles considérées comme étant d’anciennes friches agricoles délaissées (terrains les plus importants en superficie) et par la création d’une mixité d’usage avec des agriculteurs locaux (élevage, maraichage, apiculture, etc.). Cela montre également que le phénomène du « Not In My Backyard » ne s’applique pas encore au photovoltaïque et nous incite encore plus à une exemplarité, pour prolonger cet état de fait.

 

Malheureusement, malgré cette volonté de déploiement de ces projets en terre agricole non exploitée, par les Français ; il nous fallait raisonner en amont et comprendre « pourquoi » le public ne prend pas plus part au débat.

Il est apparu que 82% des Français ignorent comment participer à des Enquêtes Publiques, bien que 44% souhaitent être sollicité au moins 1 fois par mois pour débattre des projets sur leur commune.

 

Au vu des résultats, quelles sont vos recommandations pour optimiser la communication et rassurer les Français sur le secteur du photovoltaïque ?

 

A la lecture de ces résultats, il nous semble essentielle que le corps médiatique prenne plus part à ce sujet qu’est le déploiement des centrales photovoltaïques au sol, et transmette des informations « de fonds » au public comme :

– Comment se développe une centrale au sol,

– Quels sont les marges de manœuvre du porteur de projet pour conforter le public sur un projet et son insertion dans la commune,

– Quels types de pratique agricole peuvent être compatibles avec l’exploitation d’une centrale et par quels moyens,

– Quelles sont les prochaines opérations portes ouvertes d’une centrale pour répondre aux questions du public.

 

Il y a énormément d’éléments que les différents producteurs sont à même d’expliquer et d’exposer avec des sources « fiables ». Cette désinformation du public est (à mon sens) uniquement lié à cette communication trop faible, et c’est dommage.

 

C’est pourquoi j’incite également les collectivités et autre département à promouvoir les projets déjà réalisés sur leur territoire de façon plus soutenue, notamment par le biais de journées portes ouvertes. Sans information et sans transparence ; le déploiement des énergies renouvelables n’en saura que plus freiné.

Votre interlocuteur

Marion Chasles-parot Directrice d'Etudes - Opinion & Stratégies d'Entreprises

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