Déclin de la France

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Opinions et perceptions des Français à l’égard du déclin de la France

Dans le cadre de la campagne présidentielle, Vae Solis a souhaité s’associer à l’IFOP afin de dégager  les ressorts profonds de l’électorat en analysant en six thèmes structurant la société française. La première de ces enquêtes d’opinion porte sur un thème régulièrement invoqué dans le débat public : le déclin de la France. Alors que ce sujet est convoqué par certains candidats à l’investiture suprême, il nous a semblé opportun de mesurer les ressentis et opinions des Français sur cette question.

 

L’idée d’un déclin de la France rencontre un écho majoritaire au sein de l’Opinion publique       

 

Premier constat, les idées déclinistes rencontrent une audience réelle dans la population puisque 65% des Français adhèrent à l’idée selon laquelle la France est un pays en déclin. Les données historiques de l’IFOP montrent que cette idée était déjà ancrée depuis plusieurs années dans l’esprit des Français. Dès 2005, deux tiers d’entre eux souscrivaient à l’idée d’une France en déclin (66%) et ce ressenti avait même atteint un pic deux ans après la crise financière de 2008 (71%). Il s’agit donc d’une vision pessimiste du pays mais qui semble aussi ambivalente. 78% des Français estiment ainsi que le pays a beaucoup d’atouts et 72% pensent qu’il a de grands intellectuels (72%). Ces derniers se montrent en revanche plus critiques concernant les élites : seulement un quart à un tiers des sondés estiment que la France a des dirigeants politiques (26%) et économiques (37%) de qualité.

 

Il est frappant de constater que les idées déclinistes rencontrent un écho majoritaire dans la quasi-totalité des strates de la société française, quel que soit le genre, l’âge, ou encore la catégorie socio-professionnelle de la personne interrogée. L’idée d’un déclin du pays est à peu près autant partagée par les Français appartenant aux catégories aisées (65%) que par ceux des catégories pauvres (69%). Seul clivage notable, le pessimisme social rencontre une audience beaucoup plus large parmi les sympathisants de LR (78%) ou du RN (80%) que parmi ceux de LREM (39%).

Les artisans commerçants (52%) et les cadres (62%) étant les catégories les plus optimistes dans leur regard sur le déclin de la France ; optimisme mesuré puisque la vision pessimiste est largement au dela  des 50%.

Enfin il est intéressant de souligner que l’idée d’un déclin de la France est significativement plus partagée par les Français qui ressentent un déclassement pour eux-mêmes par rapport à la génération de leurs parents (78%) et au contraire moins répandue chez ceux estimant vivre mieux qu’eux (52%).

 

 

Le constat d’une France en déclin est assez largement partagé mais les Français associent ce thème à des dimensions diverses

 

Si l’idée d’un pays en décadence rencontre une audience aussi marquée dans différentes strates de la société française, c’est probablement car cette notion est assez « fourre-tout ». Afin de comprendre quelles étaient les idées, associées au déclin, nous avons introduit une question ouverte. Les témoignages recueillis montrent que la décadence supposée du pays est associée (voire expliquée) par une grande diversité de maux. Sont notamment cités : l’immigration, l’insécurité, l’assistanat, l’indigence des responsables politiques ou encore la désindustrialisation du pays. Parmi l’ensemble des problématiques économiques évoquées, c’est la question de l’affaiblissement industriel (et des délocalisations) qui est la plus largement convoquée. Invités, à associer le déclin de la France à une dimension, les sondés estiment que cet étiolement serait avant tout économique (37%) ou politique (31%). Seulement 6% citent l’adjectif « international » et il est frappant de constater que la question de la place de la France sur l’échiquier géopolitique est assez peu invoquée. L’affaire des sous-marins est ainsi peu considérée par les sondés comme une illustration du déclin de la France. Ces derniers préférant mettre l’accent sur les thématiques économiques (niveau d’endettement et de chômage) ou la remise en cause des grands principes républicains. Seuls 3% des sondés pensent que le déclin de la France est avant tout scientifique.

Il convient de noter que pour 68%des sondés le déclin est plus prononcé en France que dans les autres grands pays européens.

 

La question de l’immigration est étroitement associée au déclin de la France

 

Alors que la question de l’immigration est au cœur de la pré-campagne, il est notable de constater à quel point elle est associée à la décadence du pays par une part importante des personnes interrogées. L’idée d’une immigration incontrôlée (voire d’un « grand remplacement ») est ainsi spontanément évoquée et associée pèle mêle avec l’insécurité, l’assistanat ou encore la désindustrialisation : « on perd de notre pouvoir économique. Les français perdent du pouvoir d’achat du coup l’économie s’en ressent. Il y a trop d’aides pour les gens qui n’apportent pas leur pierre à l’édifice. Trop de gens vivent des aides sociales sans chercher à participer à l’effort national. Je suis d’accord pour dire qu’il y a un problème d’immigration massive avec des gens submergés de charges et du coup les salaires sont bas ou bien elles ne peuvent pas embaucher. La police ne peut plus faire son travail car les délinquants n’en n’ont plus peur. Ils n’ont plus peur d’aller en prison, c’est presque une fierté. On a fait rentrer les parents dans les écoles et les enseignants ne peuvent plus faire leur travail en toute quiétude. On créé une génération de délinquants. Ce n’est pas alarmiste c’est un constat ! Les politiques ne voient que Paris mais Paris n’est pas la France il y a encore 50 millions de Français ailleurs qui sont au contact de tous ces problèmes.

Si ce témoignage peut apparaitre comme étant excessif (voire caricatural), l’idée d’une immigration constituant un des principaux handicaps de la France est assez largement partagée par les Français. Ce sujet est ainsi vu comme étant le principal handicap du pays (cité en 1er par un quart des Français et au total par 47% d’entre eux) devant la difficulté à mener les réformes (36%), l’affaiblissement du système éducatif (35%) ou encore le chômage trop élevé touchant sa population (32%). Signe d’une moindre présence dans le débat public (et aussi d’une situation économique relativement satisfaisante), ce sujet est d’ailleurs significativement moins invoqué dans le débat public qu’en 2018 (32% contre 52%). A l’inverse, la question du renouvellement insuffisant de la classe politique est plus citée qu’en 2018, comme si la parenthèse de l’élection d’Emmanuel Macron était révolue.

 

Un pays perçu comme pouvant capitaliser sur son patrimoine historique et culturel et son modèle social

 

Dans l’imaginaire collectif national, la France peut avant tout capitaliser sur son patrimoine, son histoire et sa culture (72%), sa position de leader dans de nombreux domaines (63%) ou encore son modèle social (63%). En fait, l’idée Houellebecquienne d’un pays dont l’économie est toute entière tournée vers le luxe, l’art de vivre ou encore le tourisme rencontre une réception réelle au sein de l’opinion. Le luxe est ainsi perçu (et de loin) comme étant le secteur où les entreprises françaises occupent le plus largement une place de leader au niveau mondial (85% dont 49% « oui, tout à fait »). A l’inverse, les sociétés françaises sont vues comme étant à la peine dans certains secteurs industriels (métallurgie, textile…), et la qualité de ses infrastructures n’est citée que par 3% des sondés comme étant un atout pour la France.

En ce qui concerne la confiance à l’égard des responsables économiques, l’étude met en exergue un clivage important : les créateurs de start-up sont ainsi majoritairement vus comme des acteurs susceptibles de faire face au déclin du pays (65%) alors que les dirigeants de grandes entreprises bénéficient d’un crédit plus limité (47%) à quais égalité avec les ONG (48%), plus que les économistes (45%) et les responsables syndicaux (32%).

Le mauvais classement de la France dans le classement PISA (50%), l’échec de Sanofi et de l’Institut Pasteur à découvrir un vaccin contre la Covid 19 ,le mauvais classement des universités et grandes écoles françaises au classement de Shangaï , ne sont pas en tête des classements effectués par les sondés en terme de situations illustrant fortement le  déclin de la France, à la différence du chômage, du niveau de la dette, de l’abstention massive lors des élections et de la remise en cause des grands principes républicains.

Il convient de noter que le manque de confiance des habitants dans les capacités de leur pays n’est un handicap que pour 6% des sondés…

 

 

Les français et la place de leurs entreprises comme leaders :

Si les français voient les entreprises du luxe occuper une place de leader (à 85%), l’aéronautique à 81%, l’industrie nucléaire à 72%, ils ne sont que 36 % à voir à cette place ce qui fut un fleuron de l’industrie française , l’industrie textile , l’industrie métallurgique(42%), l’industrie chimique (50%).

L’industrie automobile l’industrie agroalimentaire restant au-dessus des 60% d’opinion les plaçant en position de leader.

 

 

Emmanuel Macron est perçu comme étant la personnalité politique la plus à même de faire face au déclin de la France

 

Les responsables politiques nationaux pâtissent d’un discrédit réel pour endiguer le recul du pays : seulement 35% des Français font confiances à l’exécutif et 28% aux députés et sénateurs. Les élus locaux bénéficient d’un niveau de confiance en revanche plus marqué (69% pour les Maires et 50% pour les Présidents de région et de département). Les scientifiques (71%) et les militaires (71%) sont les acteurs bénéficiant du niveau de crédit le plus important.

Parmi les principaux candidats à l’élection présidentielle, c’est Emmanuel Macron qui est le plus largement jugé apte à faire face au déclin du pays (37%), devant Xavier Bertrand (34%), Marine Le Pen (33%), Valérie Pécresse (26%) ou encore Michel Barnier (26%). Eric Zemmour – qui a placé le déclinisme au cœur de son discours politique – recueille un niveau de confiance un peu moins marqué (22%).

 

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Méthodologie de recueil

L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1 529 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée, niveau de diplôme) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont été réalisées par internet du 8 au 9 novembre 2021.

Vos interlocuteurs

Frédéric Dabi. Directeur Général Opinion

François Legrand Directeur d’études - Opinion & Stratégies d'Entreprises

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L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1 529 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée, niveau de diplôme) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont été réalisées par internet du 8 au 9 novembre 2021.

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