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Entretien 28/01/2020

“Il y a tout un travail à inventer ou renouveler sur l’articulation entre les représentants de proximité et ce qui se passe dans les instances”

Catherine Jordery-Allemand, Directrice du cabinet d’expertise Syndex, revient pour nous sur les résultat d’une nouvelle enquête menée avec l’Ifop sur la mise en place du CSE dans les entreprises auprès des élus du personnel.

 

55% des élus interrogés anticipent une détérioration du dialogue social dans leur entreprise suite au passage en CSE, ils étaient 60% à le penser en 2018. Comment expliquez-vous cette baisse ?

 

Effectivement, nous constatons une légère baisse mais ce score reste majoritaire. Il existe encore plus d’un élu sur deux qui anticipe une détérioration. Cela s’explique en partie par le profil de nos répondants qui sont issus de grandes entreprises. Les élus qui ont pu obtenir une négociation sont contents mais s’ils ne sont globalement pas satisfaits de l’issue. Il y a une difficulté à s’emparer des sujets ce qui peut expliquer une impression de détérioration du dialogue social et d’impression d’une difficulté plus grande pour mener à bien leurs missions, même si les élus sont plus motivés que l’année dernière.

 

Quels autres enseignements tirez-vous de cette nouvelle étude ?

 

Les élus se plaignent d’un manque de temps plus que d’un manque d’élus. Ils manquent de temps sur tous les sujets et les prises de décision sont tardives. Ils craignent que le dialogue social se détériore avec notamment une crainte sur toutes les questions relatives à la prise en charge de la santé au travail. Tout cela engendre de la souffrance. Ce sont des choses que l’on avait déjà remarquées l’année dernière et qui ne nous ont pas étonnés. En revanche, cette année, nous avons constaté que les élus estimaient avoir eu un meilleur accompagnement au passage en CSE. Nous expliquons cela par un meilleur accompagnement des organisations syndicales et des acteurs externes (avocats, experts, etc.), ils ont ainsi pu s’approprier plus efficacement le sujet.

 

65% des élus estiment que le qualificatif « inquiet » décrit le mieux leur état d’esprit vis-à-vis du CSE de leur entreprise. Que préconisez-vous ?

 

Nous avons principalement trois préconisations suite à notre expérience sur le terrain.

 

Premièrement, tout ce qui est lié à la formation de l’ensemble des élus et des représentants de proximité (cette dernière est non prévue dans la loi). Nous sommes en discussion avec le ministère du travail sur l’accessibilité des formations SSCT (qui a accès à quoi) et sur leur durée (en fonction de la présence ou non de commission SSCT). La demande de formation a vraiment augmenté entre les résultats de 2018 et 2019. Celle-ci s’est concentré sur la toutes les questions relatives à la santé au travail.

 

Deuxièmement, il faut professionnaliser les élus. Cela ne veut pas dire qu’ils doivent devenir des professionnels mais ils doivent développer leurs compétences. Concrètement, cela signifie par exemple : savoir préparer et mener une réunion, savoir poser les bonnes questions et faire un compte rendu, prioriser les sujets. J’ai tendance à penser qu’il faut considérer le nouveau CSE comme un nouvel objet dans sa manière de fonctionner.  Les élus sont les capteurs des réalités de terrain il y a donc tout un travail à inventer ou renouveler sur l’articulation entre les représentants de proximité et ce qui se passe dans les instances, entre les instances locales et les instances centrales, entre les commissions et le CSE. Ce qui peut aider est de multiplier les échanges entre représentants du personnel, donc entre pairs d’une certaine manière, avec et au sein des organisations syndicales.

 

Troisièmement : construire et négocier un agenda social pour que chacun puisse se préparer au mieux.

Votre interlocuteur

Delphine Poet Chargée d'études - Opinion & Stratégies d'Entreprises

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