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Actualité 29.05.2015

[ENTRETIEN DU MOIS] La connexion à l’individu est fondamentale pour créer de la valeur

Révolution Big Data, études immersives, opportunités du mobile… Guillaume Chevalier, Responsable de l’Innovation à l’Ifop, décrypte les enjeux de la transformation des études et présente les nouvelles approches de l’Ifop.


Quels sont pour l’Ifop les principaux enjeux en matière d’innovation en 2015 ?

Nos enjeux rejoignent pour beaucoup ceux des annonceurs : en accélérant leur transformation digitale, ils font face à de multiples chantiers liés à l’évolution de leur modèle, autour du thème de la connexion au consommateur notamment. Des problématiques aujourd’hui d’autant plus complexes à appréhender pour les marques que le consommateur a changé. Devenu expert (donc orienté dans son discours), il est sur-sollicité et multi-connecté et nous oblige ainsi à repenser nos modes d’interrogation. En parallèle, les entreprises constatent que les citoyens effacent les frontières qui cloisonnaient jusqu’alors leurs vies privée et professionnelle, et sont transfigurés par la mobilité : la réflexion et l’action s’inscrivent dans un schéma temporel raccourci, et donc plus émotionnel et spontané.

Dans ce contexte, l’Ifop réaffirme une conviction qui est la sienne depuis près de huit décennies : la connexion à l’individu est fondamentale pour créer de la valeur. Un choix plein de sens, puisqu’il s’agit d’entretenir un lien privilégié avec l’individu et de capter l’information là où elle est disponible (c’est-à-dire presque partout) pour accompagner les marques dans leur confrontation au réel et dans leur connexion à ce nouveau consommateur.

L’innovation nous apporte ainsi les outils et les méthodes pour préserver un rapport privilégié avec ces hommes et ces femmes, malgré la mutation de leur univers social et de leurs modes de consommation, et capter les informations qu’ils produisent dans le cadre de leur vie quotidienne.


Comment sont prises en compte ces transformations ? Comment l’Ifop entretient-il ce lien privilégié ?
 
L’innovation à l’Ifop est à la confluence des différentes expertises études, et touche à la fois les modes d’interrogation, l’information recueillie, l’analyse des résultats et la restitution des données aux annonceurs et au grand public.

Concrètement, nos modes de recueils, en quali comme en quanti, s’adaptent à l’évolution des modes de vie et de consommation. Nous faisons le pari qu’en étant plus proches de nos consommateurs-citoyens, nous réduisons la distance qui les sépare de nos clients. Pour cela, nous nous appuyons par exemple sur les devices mobiles (smartphones et tablettes) afin d’interroger rapidement, partout, et en temps réel, une cible qui devient ainsi un reporter de son quotidien, un partenaire de nos études, ou un co-créateur d’insights.
La démocratisation de l’usage de ces outils mobiles nous permet de capter et de restituer facilement l’environnement direct des interviewés, grâce à la photo, la vidéo, la géolocalisation ou encore le scan d’un produit, comme nous le faisons déjà avec Grand Angle ou Picture Prospective.

Enfin, l’innovation doit également être mise au service d’une restitution plus vivante et interactive des résultats. C’est la raison pour laquelle nous permettons à tous les annonceurs que nous accompagnons de profiter de notre expertise de la Dataviz, afin de mieux s’approprier les résultats d’études.


Le monde des études est en constante mutation, notamment avec le développement de la Big Data. Comment l’Ifop se positionne-t-il par rapport à cet univers de données nouvelles, disponibles gratuitement et en grands volumes ?

Ouvrir nos analyses à la quantité croissante de données disponibles dans notre environnement pour les enrichir est un enjeu, pour les marques comme pour les instituts. L’Observatoire des Objets Connectés de l’Ifop confirme que cette data disponible ne connaît pas de frontières, émanant de secteurs aussi variés que la santé, la domotique ou encore le sport. Pour autant, ce contexte d’abondance nous oblige à être encore plus vigilants concernant la qualité et la pertinence des données recueillies, surtout lorsqu’elles viennent compléter nos données d’enquêtes.

Nous mettons en place des dispositifs de mesure passive sur le web ou sur mobile, pour comprendre les comportements de navigation des internautes. La mesure passive vient ainsi nourrir les réponses obtenues par le questionnaire (le « pourquoi ») avec les données passives de navigation (le « comment »).

En parallèle, nous développons une expertise de social listening, pour enrichir notre analyse via la captation de données issues du web social et amener ainsi un éclairage original et supplémentaire sur les échanges et les logiques qui animent les groupes affinitaires.

Ces approches ne remplacent pas notre questionnement subjectif mais viennent au contraire enrichir notre analyse.


Quelles sont, selon vous, les clés d’une innovation réussie dans les études ?

Vouloir être disruptif n’oblige pas à balayer d’un revers de main les approches quanti et quali éprouvées et qui fonctionnent. Nous cherchons au contraire à profiter de chaque nouvel outil, chaque nouvelle manière de penser, pour se questionner. D’ailleurs, toutes les innovations ne sont pas des innovations de rupture : une part importante de notre réflexion favorise l’innovation de continuité.

Enfin, comme d’autres, je suis persuadé que l’une des clés de l’innovation réside autant dans la transformation des pratiques que dans l’évolution des techniques en elle-même, et qu’encourager des échanges réguliers avec les équipes et la prise d’initiative sont des facteurs importants de l’émergence d’une bonne idée.

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